Guanahani

Auteur : Jean-Claude Tardif

Guanahani

Guanahani était le nom indigène de San Salvador lorsque Colomb y aborda.
Désignant un monde nouveau, rêvé mais déjà habité, ce nom guide le poème de Jean-Claude Tardif.
C’est à une forme de genèse qu’il s’attèle ici : la redécouverte des sensations simples et brutales d’un être écartelé
entre désir et nostalgie, mais aussi l’exploration complexe de ce qui fonde une humanité, paraphrasant Éluard :
l’amour la poésie. Exister et écrire étroitement entrelacés.

Dans ce vaste souffle de forge et de vents, Jean-Claude Tardif, né en 1963, éloigné depuis plusieurs années de la
présentation publique de son travail de poète pour se consacrer à une oeuvre de prosateur, en appelle à une cosmogonie de mots et de sens. Il réinvestit tout en blancs et déliés l’espace de la parole qui bâtit, fut-ce « jusqu’à la mort peut-être / pour trouver suite à notre histoire / et la sculpter - Mirage ».

Eric Sénécal

Paru le 1er juin 2011

Éditeur : Clarisse

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.