Gu Wei Jin Yong (le passé sert le présent) de Jean-Marc Bailleu

Gu Wei Jin Yong (le passé sert le présent) de Jean-Marc Bailleu

Déjà Wang Chong au début de notre ère remarquait (Lunheng, 38,5) que si l’homme aime regarder les portraits peints de personnages illustres du passé, il vaut peut-être mieux les approcher à travers leurs paroles et leurs actes consignés dans des textes qui en disent plus que la seule représentation picturale.

Extrait :

"Cigogne sous un pin.
Dragon en relief.
Fleur dans son feuillage.
Guenon épouillant son petit.
Lièvre sous un croissant de lune.
Pêcheur dans sa barque parmi des roseaux.
Shoku guettant des oies. "

Paru le 1er octobre 2004

Éditeur : Le Bleu du ciel

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lettres à Sophie Volland

10 juillet 1759,

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ?

Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

Denis Diderot, Lettres à Sophie Volland.