Grâce

Auteur : Jean Mambrino

Grâce

Grâce : est-il un plus beau titre pour un livre, mais aussi un titre plus exigeant ? Grâce, comme un cri pour être sauvé. Grâce comme la célébration d’un don reçu. Grâce, comme la douceur d’une vision.
Les Ténébres de l’espérance étaient le récit d’une descente en enfer : celui du manque d’espoir qui ronge notre temps, comme une maladie : « Que peux-tu saisir si tes mains sont de cendre, / tes yeux globules de poussière ? si leur rayon, / à peine allumé, n’est qu’un éclair éteint ? / La foudre de ta pensée faiblit avant / de naître, disent-ils, lumignon fragile, lueur / intermittente au sein de la poudre de ta chair. » Pour dire cet univers de tristesse et de violence, la voix de Jean Mambrino était devenue hachée, saccadée.
Dans Grâce, le changement est complet, comme en témoignent, dans leur tonalité très contemplative, les titres des suites qui constituent le livre : Un seul amour, L’humble entrée, L’intimité de l’arc-en-ciel, Vers la cime du repos, Ce baiser nommé prière, Quand j’en rêvais, Sa couleur suffit, L’espérance est ta sur-vie, Ô Toi, Silence. Comme en témoigne aussi l’épigraphe de recueil, tiré de saint Jean Chrysostome : Totalement partout. Ici l’absence ne règne plus, ici la confiance est revenue et une sérénité aimante. Ici est vraiment le royaume de la grâce, où l’homme n’est qu’attention et gratitude.
Chacune de ces neuf suites comporte dix textes, des poèmes de construction variée mais tous fondés sur un vers bref.

Paru le 1er septembre 2009

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Andrée Appercelle

Soleil noir ta peau

Aucun souffle
cette immobilité
de pierre épuise
un siècle
me sépare
de ta peau
que je voudrais
minérale
pour fermer
mes doigts
sur elle comme
on chauffe
un caillou

Andrée Appercelle, Soleil noir ta peau, Le Temps des Cerises, 2006.