Grâce

Auteur : Jean Mambrino

Grâce

Grâce : est-il un plus beau titre pour un livre, mais aussi un titre plus exigeant ? Grâce, comme un cri pour être sauvé. Grâce comme la célébration d’un don reçu. Grâce, comme la douceur d’une vision.
Les Ténébres de l’espérance étaient le récit d’une descente en enfer : celui du manque d’espoir qui ronge notre temps, comme une maladie : « Que peux-tu saisir si tes mains sont de cendre, / tes yeux globules de poussière ? si leur rayon, / à peine allumé, n’est qu’un éclair éteint ? / La foudre de ta pensée faiblit avant / de naître, disent-ils, lumignon fragile, lueur / intermittente au sein de la poudre de ta chair. » Pour dire cet univers de tristesse et de violence, la voix de Jean Mambrino était devenue hachée, saccadée.
Dans Grâce, le changement est complet, comme en témoignent, dans leur tonalité très contemplative, les titres des suites qui constituent le livre : Un seul amour, L’humble entrée, L’intimité de l’arc-en-ciel, Vers la cime du repos, Ce baiser nommé prière, Quand j’en rêvais, Sa couleur suffit, L’espérance est ta sur-vie, Ô Toi, Silence. Comme en témoigne aussi l’épigraphe de recueil, tiré de saint Jean Chrysostome : Totalement partout. Ici l’absence ne règne plus, ici la confiance est revenue et une sérénité aimante. Ici est vraiment le royaume de la grâce, où l’homme n’est qu’attention et gratitude.
Chacune de ces neuf suites comporte dix textes, des poèmes de construction variée mais tous fondés sur un vers bref.

Paru le 1er septembre 2009

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

If

If you can dream - and not make dreams your master ;
If you can think - and not make thoughts your aim ;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same ;

Et si tu peux rêver sans n’être qu’un rêveur
Et que tu peux penser sans n’être qu’un penseur,
Si Triomphe et Désastre croisent ton chemin
Et que face à ces pièges tu sais rester serein ; …

Rudyard Kipling, extrait de If