Gare Mandelstam d’Henri Abril

Gare Mandelstam d'Henri Abril

Comment survivre aux empires ? Le dieu dévié, [’ange qu’on décapite. La moelle intacte de [’utopie.
Poète espagnol d’expression française, Henri Abril a fait des études de slavistique à Moscou, où il vit depuis de nombreuses années. Il a publié en français Syllabaire / si l’aube et en russe un livre de poèmes directement écrits dans cette langue. On lui doit les traductions de nombreux poètes russes, de Pouchkine à Ivan Jdanov en passant par Serge Essénine, en particulier de l’œuvre poétique complète d’Ossip Mandelstam.
C’est en marge de ce travail de longue haleine que sont nées
la plupart des poésies du présent recueil, marquées dans leur forme même par la « métamorphose traduisante », pour reprendre une formule de Pasternak. Quelques-uns de ces poèmes ont paru dans les revues Autre Sud, Voix d’encre et Le Mâche-Laurier, certains ont été traduits en russe et en espagnol.

Paru le 1er mars 2005

Éditeur : Circé

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Henri Michaux

« Posture privilégiée »

Magie naturelle d’une simple pose,
Mis au calme
l’esprit en quiétude laisse ailleurs les parleurs
les menteurs inscrits,
laisse s’étaler les naïfs transporteurs
des quotidiennes maximes sommaires de l’époque.
Ne sont plus entendues, les disputes

Hors de l’action
bras retirés de la circulation
aussi bien de l’attaque que de l’aide
retirés de la préparation à agir…

Henri Michaux, « Posture privilégiée », Revue Nulle Part, 1984.