Fusées Mon coeur mis à nu et autres fragments posthumes de Baudelaire

Fusées Mon coeur mis à nu et autres fragments posthumes de Baudelaire

Collection Folio Classiques
« Je veux faire sentir sans cesse que je me sens comme étranger au monde et à ses cultes », écrit Baudelaire à sa mère, le 5 juin 1863, dans une lettre où il explique le projet de Mon cœur mis à nu. En effet, le « cœur » qu’il met à nu n’est pas un cœur qui s’épanche en émois ou qui révèle ses secrets. C’est un cœur qui se gonfle de ressentiments.
Seules quelques notes ont été conservées de ce livre « rêvé ». On y trouve la trace d’une pensée provocatrice et paradoxale, dans une forme concentrée. Ces fragments n’en sont pas moins, comme l’écrivait leur premier éditeur, Eugène Crépet, en 1887, « le résumé de la vie intellectuelle et morale du poète ». S’ouvre avec eux une seconde vie de l’œuvre de Baudelaire, plus fantasmée qu’accomplie, traversant ces années au cours desquelles le poète se recrée dans ce qui le détruit.

Paru le 1er janvier 2016

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Un bruit de bleu

On pourrait
Avant de partir
Écouter une dernière fois
Le vent dans le feuillage
On pourrait
Laisser là
Nos os
Pour voyager plus léger
Et l’on attendrait
L’une de ces nuits
Où la lune
Ouvre un chemin sur la mer.

Louis Raoul, Un bruit de bleu, L’Ail des ours, 2021.