Furet de Clara Regy

Furet de Clara Regy

Prix des Trouvères 2015, Grand Prix des Poésie de la Ville du Touquet

Clara Regy, poète à la palette vive, sait nous restituer par fragments d’une bouleversante et saisissante crudité ces scènes qu’elle gardait au fond de sa mémoire. L’enfant qu’elle a été fait revivre ainsi la vieille femme, grand-mère ou grand-tante, - on ne sait, la mère étant absente - qui décrochait son gilet et disait vingt hectares notre distance, tan,dis que l’enfant de huit ans furet prisonnier dans sa boîte - triste - regardait ses sandales de cuir et sous la table les longues jambes alors que les odeurs d’hommes bruns de bouse chaude la tuaient et que les poules occupaient toute sa tête…

Extrait de la préface de Sylvestre Clancier, président du jury 2015 du Prix des Trouvères

Paru le 1er mars 2016

Éditeur : Henry

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.