Frère humain

Auteur : Sylvie Fabre G

Frère humain

Dans ce livre, Sylvie Fabre nous livre deux recueils. Le premier, Frère humain, prend naissance dans l’intime expérience de la séparation avec le frère aimé, récemment décédé. Corps à corps entre la langue et l’absence, cet ensemble de poèmes dit d’abord la vie. En deuxième partie, L’Autre lumière est un texte paru aux éditions Unes en 1995, maintenant épuisé et introuvable. Le voici réédité.

Avec Frère humain, Sylvie Fabre G. n’a composé ni une élégie, ni un tombeau comme il en existe de nombreux, elle nous offre, une fois encore, un livre d’amour. C’est ce qui justifie la réédition de L’Autre Lumière à la suite de Frère humain. Entre les deux livres que séparent plus de quinze années, les correspondances sont évidentes : “ Comment survivre aux défaillances et aux peurs ? ” demandait-elle dans L’Autre Lumière, ou : “ Comment arriver […] à faire lever un printemps de la blessure qui nous ressemble ? ” Elle écrivait : “ La mort, est-ce la mort et non l’amour, l’unique connaissance […] ”, mais en ce temps-là sa ferveur l’emportait sur les doutes. […]. À présent, dans Frère humain, la neige n’a pas disparu pour faire place au printemps, le chant ne s’est pas relevé, mais le poème, s’il ne révèle aucun secret, témoigne d’une foi ou, du moins, d’une confiance précaire, tenace, et la transmet, parce qu’il est un poème. La mort n’a pas le dernier mot : avec l’amour, avec l’amour quand il affronte la mort, il n’y a pas de dernier mot.
(extrait de la préface de Pierre Dhainaut)

Paru le 1er septembre 2012

Éditeur : L’Amourier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.