Frangments du dernier hiver & Je respire par le corps

Écrire
Écrire tel un calligraphe bras levé pinceau rapide

Raturer jusqu’à noircir les marges de l’image
dans cette obscurité où apparaît notre visage
tel un reflet dans une eau insaisissable

Peindre longtemps jusqu’à tout effacer de soi
notre souffrance ancienne sur cette lumière
la couvrir peu à peu de l’ombre de notre vie

Apaiser la brûlure des souvenirs dont on se défait
jusqu’au plus loin de l’oubli de soi et du monde

Éric Chassefière

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Interventions à haute voix

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Une tristesse bleue et grise

Évidemment l’orgueil et la trouble passion
Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos
Les livres sans mémoire et presque à l’abandon
L’étui de ton violon fermé comme un sanglot
Mais penser à tes gestes carrés vers les miens
La presque cruauté, la langueur infinie
Le rire en plein désir et les larmes à la fin
M’ont fait aimer la mort et préférer la vie

Sarclo, Une tristesse bleue et grise, « Éloge d’une tristesse », Côtes du Rhône Productions, 1992.