Frangments du dernier hiver & Je respire par le corps

Écrire
Écrire tel un calligraphe bras levé pinceau rapide

Raturer jusqu’à noircir les marges de l’image
dans cette obscurité où apparaît notre visage
tel un reflet dans une eau insaisissable

Peindre longtemps jusqu’à tout effacer de soi
notre souffrance ancienne sur cette lumière
la couvrir peu à peu de l’ombre de notre vie

Apaiser la brûlure des souvenirs dont on se défait
jusqu’au plus loin de l’oubli de soi et du monde

Éric Chassefière

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Interventions à haute voix

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.