Frangments du dernier hiver & Je respire par le corps

Écrire
Écrire tel un calligraphe bras levé pinceau rapide

Raturer jusqu’à noircir les marges de l’image
dans cette obscurité où apparaît notre visage
tel un reflet dans une eau insaisissable

Peindre longtemps jusqu’à tout effacer de soi
notre souffrance ancienne sur cette lumière
la couvrir peu à peu de l’ombre de notre vie

Apaiser la brûlure des souvenirs dont on se défait
jusqu’au plus loin de l’oubli de soi et du monde

Éric Chassefière

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Interventions à haute voix

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.