Fragments d’un mont-monde

Auteur : Olivier Domerg

Fragments d'un mont-monde

« Quant au Puy de Manse, des années après ce qui nous a conduits à nous y intéresser de près, nous restons, à chaque fois que nous le redécouvrons, intrigués ; et cette impression, régulièrement renouvelée, motive en bonne partie notre travail, notre désir d’en savoir plus et de poursuivre. Réfutant, d’avance, le scepticisme qui ne manquera pas de nous être opposé quant au choix de cette montagne, et quant à son intérêt, nous répondrons, dussions-nous nous attirer des remarques supplémentaires, que c’est elle qui nous a choisis, et que si le consumérisme triomphant dans lequel nous nous débattons, vu la force de sa propagande et de sa domination, n’est qu’un vulgaire et spectaculaire mensonge, nous revendiquons que Manse ne le soit pas, qu’il ne soit pas même un songe, et, bien au contraire, qu’il soit pour chacun de nous, une leçon — ajoutons : « de choses », tout de go ; voyant en elles, comme d’autres avant nous, une qualité et une modestie suffisantes pour que nous nous y penchions, et allant même jusqu’à affirmer, par effet-miroir et en retour, qu’elles nous en diront beaucoup sur qui nous sommes et sur ce qui nous agit. »
L’universel se cache dans ces fragments ici rassemblés par Brigitte Palaggi et Olivier Domerg ; petit monument d’images et de paroles qualifié, aussitôt, et précisément, de « MonuManse ».
En regard de ces « fragmonts », figurent une vraie-fausse conférence, une fable rase et des textes critiques de Marielle Barascud, Guillaume Lebaudy et Nicolas Pesquès.

Paru le 1er septembre 2013

Éditeur : Le Bleu du ciel

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.