Fort Mardyck

Pierre Dhainaut

Dehors, des rocades, des usines,
rien que le bruit et la fumée
que l’on impose aux vents.

Ici, c’est une main qui s’ouvre,
qui ne veut pas se refermer
au gré des rues devenues des chemins.

Sans orgueil, les maisons,
les pêcheurs y seraient toujours chez eux,
C’était autrefois leur village.

Aval, amont, la mer désormais invisible,
ce sont plus que des mots pourtant
parmi ces souffles libres :

aucun centre, mais un cœur
que les enfants font battre et retenir
en nous accueillant comme au large.

Poème
de l’instant

Christophe Tarkos

Le Petit Bidon et autres textes

J’existe. Évidemment cela ne prouve rien. Cela ne prouve pas que j’existe. Mais je suis là. Et je ne suis pas fou. Je suis un vrai témoin, je suis capable de dire la vérité telle qu’elle me semble, je peux témoigner. Je pense que j’existe. Si vous ne voulez pas me croire. J’existe vraiment, d’ailleurs, seul un être humain pourrait vous le dire. Évidemment cela ne prouve rien. Cela ne prouve pas que je suis.

Christophe Tarkos, Le Petit Bidon et autres textes, P.O.L, 2019.