Fondrie

de Jean-Pascal Dubost, collection Grands Fonds

Ces vingt-neuf petits croquis évoquent le site d’une fonderie désaffectée (Fondrie est ici l’orthographe ancienne) dont la visite inspire à l’auteur admiration et compassion pour la grandeur et pour les misères d’une condition ouvrière que l’Histoire voue à l’oubli.

Paru le 1er février 2002

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.