Fleurs lascives de Jean-Paul Daoust

Fleurs lascives de Jean-Paul Daoust

Jean-Paul Daoust est né a Valleyfield en 1946. Poète et romancier, il a été récipiendaire du Prix du Gouverneur général en 1990 pour son recueil Les cendres bleues. Il a été professeur de littérature et directeur de la revue de poésie Estuaire pendant de nombreuses années. Il a participé à de multiples lectures publiques de poésie, au Québec et en France, et il est invité régulièrement à la radio nationale en tant que poète et lecteur. Son œuvre, composée de plus de vingt recueils et romans, a été traduite en plusieurs langues. Parmi ses titres récents, retenons Taxi pour Babylone, 111 Wooster Street, Les lèvres ouvertes et Les versets amoureux.

Avec Fleurs lascives, que Les Écrits des Forges publient aujourd’hui, Jean-Paul Daoust convie le lecteur à la mise en scène des « anamorphoses de la passion », cette représentation de l’amour qui se nourrit de ses propres images. Et ces dernières, perçues comme sans égal, se perpétuent sans fin par le souvenir, lorsque la mémoire en ravive les feux. Alors, surgit de nouveau le Théâtre de l’Amour dont ce « corps (qui) contient toutes les couleurs », phénix qui renaît de ses cendres. À jamais.

Voilà les prémisses de Fleurs lascives :

Homme bleu épuisé sur un mirage je gis
Pourtant tu savais que tu étais
Ma Bible
Mon Coran
Surtout ma Genèse

Ainsi la naissance et la mort – réelles ou imaginées – de la passion, telle que l’amoureux se les remémore sans arrêt, est une blessure qui ne peut jamais guérir ; car cet amour, stoppé en plein essor, ne peut que rester idéal pour l’amoureux transi : « Fanatique archéologue j’avance / Le nœud de ton cœur autour du cou ».

Avec ce nouveau recueil, Jean-Paul Daoust pousse plus avant la réflexion sur le sentiment amoureux qu’il avait entreprise plus spécifiquement avec Les cendres bleues et qu’il a poursuivie avec Les versets amoureux. Il s’attarde à la perte, se remémorant la joie et le bonheur apportés par l’amour ; il convie à l’éternité par l’écriture :

Parmi les décombres du poème je le cherche
Le malheur avive le bonheur
Né pour la résurrection il nie
Je déplie une feuille blanche
Je la colle sur son sexe
Et j’écris ce poème

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : Ecrits des Forges - FIP

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

L’énergie vagabonde

Quand un cheval de Troie entre dans une ville, porteur d’un virus qui affole les esprits et paralyse les corps, on a intérêt à emprunter les seules portes encore ouvertes : celles de la poésie.

Sylvain Tesson, L’énergie vagabonde, Robert Laffont, 2020.