Flamme ou le travail de nudité de Didier Ayres

Flamme ou le travail de nudité de Didier Ayres

Plus ample encore que ses précédents recueils – Comme au jour accompli (2003), Le Livre du double hiver (2005), Monologue depuis le refuge (2010) –, ce nouveau livre de Didier Ayres, Flamme ou le travail de nudité, est le quatrième qui paraît aux Éditions Arfuyen. Il confirme la force et la singularité de cette écriture sans complaisance comme sans consolation. Désormais, la voix de Didier Ayres, d’une exigence brûlante et douloureuse, est reconnaissable entre toutes. Chacun de ses livres nous fait entrer dans le risque brûlant et fascinant de vivre, d’écrire. Sans chemin tracé, sans espoir d’aboutir. Car à cette traversée, il n’est pas de port. À ce questionnement, pas de réponse.
Didier Ayres maîtrise de nombreux registres de l’écriture et excelle à les faire coexister dans une même composition musicale, lui conférant ainsi à la fois diversité de rythme et de tonalités. C’est particulièrement le cas dans ce nouveau livre en six mouvements.
Le premier, Cœurs et couronnes, est une suite de poèmes d’une dizaine de vers et d’une grande puissance évocatrice. Comme ce texte qui ouvre le recueil : « Ce sont sept divinités qui enjambent nos âmes /comme un polygone de cendres / de grands chiens rouges dans le jardin / l’agneau et l’escalier des feux / et toute la fraternité hermétique de la nuit. »

Paru le 1er avril 2014

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lokenath Bhattacharya

Le spectateur enchanté

Posté à la fenêtre, dans la maison qui est la sienne, enca-
dré, tableau lui-même, il reste là, à regarder. Son regard
tourné vers qui, quoi ? Vers la rue ? Ne s’y rencontre-t-il,
au contraire, ni chemin ni défilé ? Pas davantage d’arbres,
de collines, de montagnes ? Pas non plus d’êtres vivants,
pas un seul ? N’y trouve-t-on donc que vide infini, ciel illi-
mité, insondable silence ?

Lokhenath Bhattacharya, Le spectateur enchanté, Éditions La Part des anges, 2000.