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collection Poésie

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Paris

L'inadéquat (le lancer crée le dé)

1er janvier 2005

L’inadéquat (le lancer crée le dé)

La poésie de Florence Pazzottu repose la question d’un sens qui ne serait pas inné, antérieur à l’écriture, mais que le poème mettrait au jour, dans l’élan et le labyrinthe entêté de sa composition. À cette fin, le langage est ici soumis à un questionnement serré ou à plusieurs interrogatoires susceptibles d’en faire rejaillir la vérité cachée : attendus condensés, agrégeant et distordant les sons ; « inconférences » en prose ; épopées étranglées ; lancers de strophes syncopées… Mais, derrière cette rhétorique (…)

La récitation de l'oubli

1er octobre 2004

La récitation de l’oubli

Faite de courts paragraphes d’une étonnante densité, la poésie de Franck André Jamme développe une tension constante entre une narration qui semble viser à une sorte de neutralité et l’enchaînement des visions froides qui la hantent - ou dont elle est traversée. Des contrées ici dépeintes - et des créatures de lumière qui les peuplent - émane cette certitude venue des songes que l’écriture sait fixer sans en dissiper le trouble, ni l’énigme essentielle. Sous la fine surface de ce qu’il montre, le poème (…)

Captures

8 avril 2004

Captures

SON PERE EN SONGE REEL ASSIS DANS UN CAFE I
juste à sa droite, lisant un journal
avec des mains gracieuses (et rudes)
cet homme sur la terrasse ressemble à mon père
je veux lui parler mais une femme rigide s’assoit près de lui
jamais ils ne se regardent jamais ils ne se parlent
il me regarde souvent par contre mais pour les bonnes raisons je ne sais pas
Sandra Moussempès compose des séquences narratives aux vers parfois très brefs, sans s’interdire au besoin une prose elliptique, lapidaire, (…)

La terre blanche et noire de Jean-Luc Hérisson

1er avril 2004

La terre blanche et noire de Jean-Luc Hérisson

Né au Maroc en 1951, Jean-Luc Hérisson vit et travaille depuis de longues années à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Cet écart géographique transparait dans l’interrogation lexicale qui nourrit son travail, sans le tenir à l’écrat des élans ni des suspicions modernes. Son premier recueil Le devisement du monde, est paru dans la collection Poésie/Flammarion en 1990.
devinette :
j’ai une paire de boeufs et une charrue
qui labourent la terre blanche et noire
réponse :
la plume et le (…)

Figurations de l'image

1er mars 2004

Figurations de l’image

Vingt ans précisément après la publication de Mezza Voce (réédité en 2002), Figurations de l’image est le troisième grand recueil d’Anne-Marie Albiach. Cette parution vient rompre un long silence, un éloignement hors du « théâtre de l’écriture » qu’est, pour l’auteur, la poésie. La première partie de l’ouvrage réunit plusieurs textes, parus au fil des années antérieures. Mais l’essentiel du volume est
constitué par un long poème composé récemment : L’excès : cette mesure qui marque sans doute une étape nouvelle, (…)

Bords de mer

1er mars 2004

Bords de mer

de Raymond Bozier
Le recueil Bords de mer est composé d’instantanés poétiques.
extrait :
photographies
si nous les aimons tant
c’est qu’elles nous tirent du néant
quand nous ne sommes plus
que serrés en elles
comme en des cercueils
elles sont l’éternelle résurrection
l’âme véritable des trépassés

49 poètes : un collectif

1er janvier 2004

49 poètes : un collectif

Anthologie
A la tête depuis dix ans de la collection poésie Flammarion (une soixantaine de titres publiés), Yves di Manno a su imposer peu à peu sa volonté d’ouverture et de renouvellement. Pour célébrer cet anniversaire, mais aussi pour remettre en lumière la variété et l’exigence de leurs écritures, tous les auteurs de la collection ont été conviés à l’élaboration de ce volume, qui réunit des textes inédits, composés pour la circonstance ou extraits de travaux en cours. Une vingtaine d’autres poètes (…)

Eblouissements

1er novembre 2003

Eblouissements

Après Poèmes d’été, qui réunissait ses tout premiers textes et son recueil le plus récent Eblouissements vient compléter l’édition "intégrale" (mais bien sûr toujours en devenir) des poèmes de Martine Broda. L’ouvrage s’ouvre ainsi sur l’ensemble inédit qui lui donne son titre puis redonne à lire Grnad jour, publié en son temps par Michel Deguy chez Belin. Il se clôt sur la suite Tholos, composée par l’auteur à la mémoire de sa soeur disparue récemment.
Ainsi livré dans une manière de dispersion (…)

Un pré - chemin vers

24 octobre 2003

Un pré - chemin vers

C’est sans doute vers un seul paysage -immuable, tangible- que l’on s’avance en écrivant que le poème sans fin recommencé tente de circonscrire - en vue d’une lumière, ou d’un apaisement. Un pré, donc- où aurait eu lieu une scène que l’on hésite à transcrire mais dont l’ombre ne cesse de planer, dans la nuit arrêtée, comme un long cri muet. et dont l’image se répète, au fil des ans : on se dirige obstinément vers elle, sans l’atteindre jamais.
Trouée dans le décor -et dans la prose ordinaire- le poème (…)

Il reste

3 octobre 2003

Il reste

extrait :
il m’écrit parfois, les mots à nouveau
dans un papier cristal, enfermés sous la pluie
la pluie est passée au travers
il reste peu une lettre le début de son prénom
plus je le regarde
plus je le sens

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.