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collection Poésie

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Paris

Une tautologie de Guy Viarre

1er avril 2007

Une tautologie de Guy Viarre

Une tautologie est le dernier texte auquel Guy Viarre a travaillé : il en avait remis le manuscrit final quelques semaines avant sa mort à Yves di Manno, qui l’avait invité à participer à l’ouvrage collectif Venant où ? 4 poètes. En dépit de ces tristes circonstances, le volume parut peu après (en janvier 2002) dans la collection Poésie/ Flammarion.
Le recueil que nous proposons aujourd’hui reprend, en ouverture, ces pages qui comptent parmi les plus intenses que l’auteur nous a laissées. Mais on y (…)

Terre exacte

1er mars 2007

Terre exacte

Terre exacte est donc le septième recueil d’Esther Tellermann. On a pu dire que son projet poétique s’identifiait à celui d’un long récit, dont chaque séquence déterrerait un chapitre inédit, un tesson invisible ou enfoui. Les quatre parties qui composent Terre exacte - oscillant entre l’énigme du mythe et la violence du présent - ne dérogent évidemment pas à cette règle. Mais l’on s’aperçoit, à voir l’auteur s’avancer plus décisivement de livre en livre vers cette contrée tangible qui la hante - terre des (…)

Chants populaires

1er février 2007

Chants populaires

Qu'il faille

1er janvier 2007

Qu’il faille

".suis venue voir ici puis devant les ocres
passer où la route s’étire .croire puis - formuler
 : - ce qui revint à dire « journal de bord » et même
dans le vocal empêché de l’hiver dire .éparse
. le signe fixe - identique à ce qu’un trait put rompre
. à distance .des pages
des peuples .des études"
Fruit de cinq années de travail, Qu’il faille prolonge la fresque muette dont Face devant contre avait posé les fondations. Comme dans son premier recueil, Isabelle Garron confronte en effet son (…)

Les arbres noirs

26 octobre 2006

Les arbres noirs

Plus elle avance "dans la nuit de sont temps" (et du nôtre), plus la poésie d’Henri Deluy se dépouille, tranche à vif, atteint l’os. Comme ses précédents recueils, les arbres noirs regroupe plusieurs "suites" où des fragments de vie se juxtaposent, où les visages et les livres aimés se confondent : mais où se sont toujours les détails qui priment - leur poids concret, leur densité charnelle - sur la reconstitution de la fresque.
"Matérialiste" peut-être, expressionniste plutôt, amoureuse à coup sûr, (…)

<i>Figure rose</i>

1er septembre 2006

Figure rose

Echo d’une blessure intime dont elle est la métaphore distante et discrète, la poésie d’Emmanuel Moses conserve une mémoire presque nostalgique de la tradition "classique" européenne, rongée pourtant par une ironie plus inquiète que désabusée. La référence picturale imprègne Figure rose dès son titre et s’applique idéalement à des "vignettes", des séries de poèmes miniatures ("carte postales blanches", dit un intertitre) fixant l’image d’un temps suspendu ou d’un paysage aboli. Dans ces décors figés comme au (…)

<i>L'inhabitable</i>

10 avril 2006

L’inhabitable

Ce sont les "choses de la vie", ses instants de stupeur ou de joie que cherche à capter la poésie d’Ariane Dreyfus, pour en restituer la tranparence dans ce langage à la fois direct et imperceptiblement troublé, tremblé, vacillant que ses lecteurs lui connaissent. Après la parabole des westerns et la métaphore de la danse, dans de précédents recueils, les poèmes de L’Inhabitable poursuivent ce dialoguie limpide avec le réel, interrogeant la présence et le silence, le regard et l’émoi des corps. Ce qui (…)

Albany

1er mars 2006

Albany

Des pommes et des oranges, Californie - II
La maison
derrière moi disparaît. Les îles
font de l’eau autour
et je suis seul, jour
salaison
sur ma poutre radeau. Et j’enfile
des rues. Des stations de B.A.R.T. Des villes
dont les bruits accourent
et leurs ponts.

Dormans

1er février 2006

Dormans

De quels songes logiques émergent ces Dormans, tapis derrière leur orthographe archaïque ? Du roman de la nuit qui ouvre le livre ou d’une table plus ancienne, à l’ombre des gisants d’Ephèse ? L’auteur conserve seule la clef de son énigme et de ces récits qui s’emboitent, aussi tangibles qu’un rêve devenu réel _ à moins que ce ne soit l’inverse… Et si elle feint de nous rassurer dans les croquis de son cahier japonais ou en décryptant les nuages dans ses sonnets du ciel, Marie Etienne affirme une fois encore (…)

La Tamarissière

1er janvier 2006

La Tamarissière

Si l’on s’en tient à leur surface, et à leur narration suspendue, il ne se passe apparemment pas grand chose dans les séquences poétiques regroupées par Eric Sautou à l’enseigne de La Tamarissière.
Le monologue est souvent de mise et les décors patiemment décrits, les objets qui s’accumulent semblent parfois plus présents que les êtres qui déambulent, accablés par le poids d’une réalité qui ne cesse, dirait-on, de les fuir, ou de les repousser. Pourtant, l’enchaînement de courts récits et de portraits (…)

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.