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collection Poésie

75013

Paris

<i>Mille grues de papier</i>

1er juin 2013

Mille grues de papier

19
Pleine lune.
Ce sont les hommes qui la voient morcelée,
la lune est toujours pleine.
Rien ne lui fait défaut,
alors que nos sens,
les quartiers de nos sens…

La face nord de Juliau onze, douze de Nicolas Pesquès

1er avril 2013

La face nord de Juliau onze, douze de Nicolas Pesquès

C’est au seuil des années 80 que Nicolas Pesquès entreprend la rédaction de la Face nord de Juliau, devant la colline ardéchoise qui lui donne son titre. Les premières sections de longue méditation poétiques ont été publiées de 1988 à 2012 par André Dimanche.
Quand on entre dans le noir, trois mondes s’ouvrent : la nuit, la cécité et la mort. Trois espaces, tressés, encordés liant des vies possibles : l’avant, l’aveugle et le (…)

caudal

1er mars 2013

caudal

Dans ils avaient pris à travers champ même le chien
l’emporte sur la femme ensemble à se promener
En touchant à la langue des pères, Sophie Loizeau bouleverse les conventions. Elle tâche seulement de "récupérer ce qui a sombré dans le grand tout masculin".
Ecrite entre 2004 et 2012, la trilogie autour du mythe de Diane que La Femme lit inaugure, que Le roman de Diane poursuit et que caudale conclue, tente de donner une visibilité du féminin dans la (…)

Configuration du dernier rivage de Michel Houllebecq

1er mars 2013

Configuration du dernier rivage de Michel Houllebecq

"Au temps des premiers acacias
Un soleil froid, presque livide
Eclairait faiblement Madrid
Lorsque ma vie se dissocia"

Retards légendaires de la photographie de Thierry Froger

1er février 2013

Retards légendaires de la photographie de Thierry Froger

revenu du soir
où s’attendent l’enfant
et le monstre
dans le noir
attendu qu’ils doivent ressembler
l’un à l’autre en la main qui les serre
dans l’histoire
grêlée doucement
comme une ressemblance débile
en fin de règne
ils s’emploient à ruiner
l’ombre
la lumière est partie avec
la silhouette tremblante des parents
sur la tapisserie jaune

<i>Une inquiétude</i>

1er janvier 2013

Une inquiétude

"La vie, c’est comme les poux. Ça gratte et ça rend fou. Comme les rats ça vous saute à la gorge et ça vous file la peste. Comme dans un cul de femme ça sent heureusement la fumure et la mort. On ne s’habitue pas. Si on s’habitue on est mort".

Existence marginale mais ne trouble pas l'ordre public

17 octobre 2012

Existence marginale mais ne trouble pas l’ordre public

"Vous êtes dans le poème ?" demande-t-on à l’auteur. "Oui, répond celui-ci au fil des histoires, mais je ne veux pas finir dans un roman." C’est pourtant ce qui va lui arriver… pour le pire ou le meilleur ? Dans ce recueil de nouvelles, on ne peut s’empêcher de sourire aux aventures du narrateur à la vie qui boîte, à la langue bien pendue, aux amours qui avancent cœur baissé dans le mur, aux rencontres inattendues et toujours heureuses, à la fin des fins. Le conteur passe du coq à l’âne, saute de flaques (…)

Le même geste

1er octobre 2012

Le même geste

la pluie ne me réveille pas
La pluie que je prends entre les doigts
est palpable
décembre
Réveillé de nuit
Ou
à peine endormie
Un écho reprend :
La lumière est très blanche
contre la vitre
Laissé le bleu
L’innocence des fragments

Le secret secret de Laurent Albarracin

1er mai 2012

Le secret secret de Laurent Albarracin

"La clef n’ouvre pas la clef.
Au contraire :
la clef fait comme une serrure autour de la clef"

Cahiers de Paris

4 avril 2012

Cahiers de Paris

Petr Král est un poète-piéton. Il marche et repère ce que, dans la bousculade moderne, on n’aperçoit pas, une bouche de femme qui avive la marge de la ville, la feuille morte qui aiguillonne une voiture en glissant sur son toit, la mystérieuse zone du plafond qu’on désigne quand on enfile son manteau ; il voit la viande qui tourne sur une broche « au milieu du cosmos ».
Ces carnets qui parcourent quarante ans, de 1968 à 2006, rendent nostalgique d’un Paris qui disparaît progressivement comme la neige (…)

Poème
de l’instant

Claude Michel Cluny

Odes Profanes

Tout déjà était en toi
même l’âpre saveur des paroles des morts
Avec sur ta bouche close
leur goût d’indicible sel.
Mais empare-toi de l’absence et ose
Va avance aveugle et seul
Toute flèche aime sa cible.
L’enfance le sait qui, libre
(habiter Nulle Part est le plus sûr)
déchire sans innocence
son invisible futur.

Claude Michel Cluny, Odes Profanes, Éditions de la Différence, 1989.