Festivité de la momie sauvage de Afifi Matar

Poèmes traduits de l’arabe par Hoda Fourcade.

"La jument du rêve hennissait sous le ciel des déserts,
Du haut de son dos, je me soude à la selle :
Mes jambes, franges de laine, la douceur des doigts,
Fil de soie perdu dans les méandres d’anciennes conquêtes.
Je suis sur son dos, revenant de mes blessures lointaines,
La blessure est pénétrante, et mon sang, une lune qui brille dans l’arbre de l’horizon.
J’étais sur sa selle, mort… Je me soudais à elle de plus en plus."

Paru le 1er octobre 2008

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.