Face à Rimbaud

Face à Rimbaud : c’est ainsi que cet album place le lecteur, sans phrase, sans précaution, directement, à travers l’ensemble des portraits retrouvés -du poète, des plus célèbres comme le Coin de table de Fantin-Latour ou la photographie de Carjat, aux moins connus, telles ces caricatures fort peu flatteuses de Forain. L’un de ces portraits — qui montre Rimbaud au cours de sa dernière année — est inédit, d’autres n’avaient jamais été reproduits en volume.
A travers cette série d’images — photographies, peintures, caricatures, dessins — retenues parce qu’elles étaient l’œuvre d’un contemporain qui avait connu Rimbaud ou parce qu’elles avaient été publiées de son vivant, apparaît au fil des pages un personnage qui semble échapper à son mythe, presque le fuir.
Ces portraits, qui jalonnent l’existence heurtée et difficile du jeune Carolopolitain venu se faire connaître à Paris et de l’homme des pays de la Mer rouge, sont présentés dans un ordre qui suit l’itinéraire de vie du poète : une biographie par l’image, en quelque sorte, qui retrace cette aventure humaine hors du commun.
Une notice présente chaque portrait, à la fois dans son histoire propre et dans sa place au sein de la trajectoire biographique du poète.

Paru le 1er décembre 2006

Éditeur : Phébus

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.