Face à Rimbaud

Face à Rimbaud : c’est ainsi que cet album place le lecteur, sans phrase, sans précaution, directement, à travers l’ensemble des portraits retrouvés -du poète, des plus célèbres comme le Coin de table de Fantin-Latour ou la photographie de Carjat, aux moins connus, telles ces caricatures fort peu flatteuses de Forain. L’un de ces portraits — qui montre Rimbaud au cours de sa dernière année — est inédit, d’autres n’avaient jamais été reproduits en volume.
A travers cette série d’images — photographies, peintures, caricatures, dessins — retenues parce qu’elles étaient l’œuvre d’un contemporain qui avait connu Rimbaud ou parce qu’elles avaient été publiées de son vivant, apparaît au fil des pages un personnage qui semble échapper à son mythe, presque le fuir.
Ces portraits, qui jalonnent l’existence heurtée et difficile du jeune Carolopolitain venu se faire connaître à Paris et de l’homme des pays de la Mer rouge, sont présentés dans un ordre qui suit l’itinéraire de vie du poète : une biographie par l’image, en quelque sorte, qui retrace cette aventure humaine hors du commun.
Une notice présente chaque portrait, à la fois dans son histoire propre et dans sa place au sein de la trajectoire biographique du poète.

Paru le 1er décembre 2006

Éditeur : Phébus

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage