Fable de Polyphème et Galatée de Luis de Gongora

Fable de Polyphème et Galatée de Luis de Gongora

« Entre Jean de la Croix (1542-1591) et Quevedo (1580-1645), Góngora (1561-1627) est le troisième sommet de la poésie du "Siècle d’Or" espagnol. Sa réputation d’illisibilité, comme pour Mallarmé à qui on l’a, peut-être un peu trop vite, comparé, semble dresser autour de lui une muraille infranchissable qui en a rebuté plus d’un. Cependant, si la difficulté de cette œuvre est bien réelle – et son auteur la revendiquait avec un orgueil aristocratique qui rejetait comme vulgaire trop de facilité –, elle n’est pas, comme on pourrait le croire, de l’ordre de l’incompréhensible, mais d’une compréhension qui doit se conquérir et se mériter parce qu’elle réclame, outre un esprit délié, un sens de l’allusion et une culture que seuls ceux que Góngora appelle "les hommes d’études" ou les "hommes doctes" de l’époque pouvaient posséder. Góngora n’écrit pas pour tous, du moins dans ses grands poèmes, mais pour quelques-uns – pour cette "immense minorité", disait Juan Ramón Jiménez, qui…

Paru le 1er novembre 2016

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.