Eternité à coudre

Auteur : Esther Tellermann

Eternité à coudre

Livre posé au bord de la disparition, "Éternité à coudre" se déploie comme une parole rituelle, un exorcisme. Penché sur le néant, cherchant un abri dans les mots et les corps, quelque chose de l’ordre de la permanence du monde dans les cendres, dans les noms brûlés, les noms mâchés.
Poème hanté par la présence d’une folie individuelle, intime, qui se déporte sur le collectif, envahit la communauté de nos angoisses, de nos peurs. Debout sur la rive, dans un geste de coudre nos éternités et nos solitudes, que regardons-nous ainsi à la dérive ? Une tache du monde, un incendie. La mécanique folle des jours, le sang des jours, on emplit l’éternité dans des sacs, dans les sacs pleins de l’histoire. Trop lourds à porter.
Qui pèsent sur nous et nous essayons malgré tout d’arracher quelque chose du monde ou du langage.
Avec quels mots passer dans les ombres ? Quels mots pour nous rapprocher de la consolation de l’autre, au milieu des larmes. Esther Tellermann, dans une oscillation permanente entre nos intimités noires et nos accès de clarté, livre un poème en forme de mélopée, "moitié caillou, moitié prière".

Paru le 1er décembre 2016

Éditeur : Unes

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.