Etat de siège

Auteur : Mahmoud Darwich

Assiégé à Ramallah, le poète note au jour le jour, en de très courts poèmes, ses impressions sur une guerre de plus en plus atroce qu’illustre à sa manière, très sobrement, le photographe Olivier Thébaud.
Photographies d’Olivier Thébaud "Archives privées"
143 pages, format 15 x 20,5 / 42 photographies
titre original : Hâlat hisâr ; éditeur original : Riad el-Rayyes, Beyrouth, 2002
en France : Actes Sud / Sindbad, 2004

Extrait :
Ici, sur les pentes des collines, face au couchant
Et à la béance du temps,
Près des vergers à l’ombre coupée,
Tels les prisonniers,
Tels les chômeurs,
Nous cultivons l’espoir.
(…)
De plomb, le ciel de midi,
Orangé, la nuit. Quant aux cœurs,
Ils sont restés neutres ainsi que les roses de la clôture.
*
Dans le siège, la vie est l’intervalle
Entre le souvenir de son achèvement
Et l’oubli de sa fin.

Paru le 1er mars 2004

Éditeur : Actes Sud

Genre de la parution : Version bilingue

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.