Essai d’héréticité de Patrick Wateau

Le précédent recueil poétique publié par Patrick Wateau « Ingrès » a reçu le Prix Antonin Artaud.

Avec ce livre de fragments réflexifs ou (et) poétiques, Patrick Wateau poursuit sa quête de l’essence et son interrogation sur la poésie, la mort, la métaphysique, loin des idées convenues.

Plus comme un mot, de plus en plus la chose se donne un nouveau mot. Ça tient en l’air entre un absolu d’exigence et une exigence d’absolu, au point de la fulgurante douceur discriminative.

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.