Ernest Pignon-Ernest


Né à Nice le 23 février 1942, Ernest Pignon-Ernest s’est inventé un art et un destin qu’aucun artiste avant lui n’avait eu l’intuition de mener.

Après lui, beaucoup s’adonneront au street art tout en se réclamant de son inspiration insolite. Cependant, son œuvre n’a pas grand chose à voir avec un art de rue : s’il a usé à l’origine du pochoir, ce fut pour contrer l’implantation de la force de frappe atomique, en 1966, sur le plateau d’Albion.

L’ombre portée d’un passant d’Hiroshima, sa silhouette calcinée par l’éclair nucléaire à même la paroi du mur, se retrouva soudain sur les routes ensoleillées et les rochers de Provence, noire mise en garde comme un signal donné à l’humanité entière. Cette première intervention catalysa toute la démarche : pas de toile ni de peinture mais un constant appel des sujets, des images, des lieux et du temps. La vulnérabilié du papier pour support, l’agression des intempéries pour certitude, la force de l’Histoire alliée à l’ancestralité du trait, et la cité pour théâtre vivant d’aujourd’hui. Rien n’est conforme dans cet embrasement de sens et de visions, ni les strates ni la manière. C’est sûrement ce qui confère à ces apparitions ce surcroît d’ardeur, d’élan, de conscience, de sensualité, d’étonnement, de colère autant que d’émotion.

La présence des poètes constitue l’un des fils rouges de son œuvre, sans doute le plus ardent, ce dont témoigne le livre, Ceux de la poésie vécue, avec André Velter aux éditions Actes Sud, qui rassemble les études, les dessins et les collages consacrés à Nerval, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, Cendrars, Maïakovski, Garcia Lorca, Éluard, Aragon, Michaux, Artaud, Desnos, Hikmet, Neruda, René Char, Genet, Pasolini et Mahmoud Darwich.

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