Epître Langue Louve

Auteur : Claude Ber

Epître Langue Louve

Ce nouveau livre de Claude Ber constitue une véritable somme, à la fois du point de vue du fond – une interrogation sur la condition humaine – comme de la forme – l’aboutissement d’un travail en tension entre le fragment et le continu, la brisure et le souffle, la rupture rythmique entre l’aller à la ligne du vers et la prose.
Le titre d’Épître Langue Louve témoigne du choix d’une parole adressée, qui circule. Incarnée dans des corps vivants, amoureux, enracinés dans la vie, elle déploie ses variations au fil d’une méditation sur nous-mêmes et sur le monde. Entre notre présence à ce dernier et la mémoire collective du poème, dialoguent des voix, passées et présentes, lointaines et prochaines, en une polyphonie qui trouve son unité dans l’écriture, l’attention aux mots et aux rythmes et une interrogation continue sur la Langue.
C’est là un texte grave, profond, mais traversé de la joie des êtres et des choses, se colletant au réel, à son tragique comme à son exultation vitale. À la densité du monde, questionnée mais sans réponse, répond la densité du poème, à son étrangeté répond celle d’une langue poétique puissante qui dit l’indicible. Un texte qui nous parle de nous au plus près et avec force.

Paru le 1er mars 2015

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.