Elle, grenat noir de Patricia Cottron-Daubigné

illustration couverture Edwyn Apps

"Cela brûle/ne sera jamais nommé". Le monde, notre monde que les fées, possède le seul bleu possible : celui des hématomes et des ecchymoses que les commotions de l’Histoire ont généreusement assénés sans relâche et avec largesse. La poésie de Patricia Cottron-Daubigné s’installe dans "le juste possible/de tenir", entre ce que la nuit ne permet pas d’oublier - massacres et atrocités qui jalonnent le quotidien de la planète - et ce que le jour voudrait bien bâtir, un monde qui "s’ouvre/accorde les chemins", en particulier ceux du désir et de l’amour.

Paru le 1er mai 2002

Éditeur : L’idée bleue

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Chanson de l’enfance

Lorsque l’enfant était enfant,
il marchait les bras ballants,
il voulait que le ruisseau soit une rivière.
Et la rivière, un fleuve.
Que cette flaque soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il ne savait pas qu’il était enfant.
Tout pour lui avait une âme
et toutes les âmes n’en faisaient qu’ une.

Peter Handke, « Chanson de l’enfance ».