Effacement des seuils

d’Irène Duboeuf

Effacement des seuils

Illustrations de Catherine Sourdillon.

Si le temps est omniprésent dans l’œuvre d’Irène Dubœuf, il apparaît ici en toile de fond, car Effacement des seuils est avant tout un livre de confins qui focalise l’attention sur cet espace instable et fragile où se rencontrent l’avant et l’après, le visible et l’invisible, où les contraires se chevauchent et parfois se confondent, à l’image de ces horizons incertains où les souvenirs mouvants naissent à fleur d’eau, où la brume estompe des paysages eux-mêmes au bord de l’effacement.

L’été siphonnait l’eau des sources
et volait un à un les miroirs d’eau perdue
entre les bras des fleuves.
Tassées le long des rives
des ombres aux pieds de plomb
cherchaient refuge sous les arbres.
Nul n’aurait osé dire où finissait la Terre
où commençait le ciel. Une lumière
liquide, jaune et funeste
réduisait l’horizon à une incertitude.

Paru le 8 mai 2019

Éditeur : Unicité.

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Hymne à la beauté

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte
D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

Charles Baudelaire, 1821-1867, « Hymne à la beauté », Les Fleurs du mal , 1857.