Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

Contact

Fontaine O Livres85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

 J'ai le soleil à vivre

13 juin 2022

J’ai le soleil à vivre

« J’ai le soleil à vivre » écrit-elle dans un souffle. Vivre l’herbe et les fleurs, la pluie, le goût des rues et des matins, le silence au bord de l’eau, le souvenir d’une enfance heureuse. Vivre « les grandes marées du cœur ». Car l’écriture simple et limpide d’Hélène Cadou est traversée par une lumière, celle de l’amour qu’elle a voué à René Guy dont elle partagea la brève existence. Un amour qui conjure l’absence et transcende le temps, qui déplace les lignes d’horizon et « peint le monde en bleu ». Les poèmes (…)

Le cri des femmes afghanes

20 mai 2022

Le cri des femmes afghanes

Préface : Atiq Rahimi
Le mot de l’éditeur :
Il existe « un cri du silence » comme il existe des silhouettes sans visage et des visages sans voix. En Afghanistan, depuis longtemps déjà, l’oiseau noir de la peur paraît s’être juché sur l’épaule des femmes. Du monde libre qui est le nôtre, nous les imaginons invisibles et muettes sous la burqa, condamnées à la misogynie aveugle, recluses dans le poing d’une domination archaïque. Pourtant en Afghanistan, comme ici, des femmes lisent et écrivent. Des vers. Des (…)

Peindre les mots

5 mai 2022

Peindre les mots

Le mot de l’éditeur :
L’atelier de Robert Lobet ressemble à un bateau. Des papiers de création reposent sur des séchoirs a claies comme les cartes des navigateurs. La roue d’une presse à taille-douce paraît un gouvernail. Un lingotier empli de cales en plomb sommeille dans la soute. Une console d’encrage attend son heure comme un navire au mouillage. Dans le carré, des estampes et des livres d’artiste, signés avec Michel Butor, Andrée Chedid, René Pons, Frédéric Jacques Temple, et maints autres poètes (…)

Les Épiphaniques

3 février 2022

Les Épiphaniques

Elles nous disent en lumières les ombres que nous faisons sur la terre je suis tu es nous sommes m’entendez-vous ?

Des voix pour la Terre

25 novembre 2021

Des voix pour la Terre

Ce livre est un brûlot. Plus de 40 poètes et chanteurs du monde entier y dénoncent un scandale : l’asphyxie programmée de notre planète. Pollution des mers ou de l’air, destruction des espèces vivantes, mais aussi réchauffement climatique, déforestation ou gaspillage des ressources, autant de combats portés par de grandes voix, de la canadienne Margaret Atwood, à l’innue Rita Mestokosho en passant par la brésilienne Marcia Theophilo, le Mahorais Nassuf Djailani, ou bien encore Alain Damasio ou le groupe (…)

Les hirondelles se sont envolées avant nous

2 septembre 2021

Les hirondelles se sont envolées avant nous

Traduit de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey
Elle ne dit pas l’effroi des bombardements, les corps démembrés, la route boueuse de l’exil ; elle dit l’arbre et l’oiseau, le chagrin des maisons, le miroir de l’absence. Elle ne filme pas les colonnes de soldats en route pour la guerre, ne fait pas le procès des monstres, ne pleure ni Alep ni Damas ; elle dit simplement que « l’aube n’abandonne pas la terre », que les hirondelles font leur nid « avec la paille du silence », que l’amour demeure le premier (…)

 Immenses sont leurs ailes

2 septembre 2021

Immenses sont leurs ailes

Les autrices : Murielle Szac & Nathalie Novi
Ils se nomment Hala et Haïssam, les enfants que Murielle Szac met en scène dans ce long poème narratif. Ils jouent, ils chantent, ils dansent, s’inventent des histoires, et ferment les yeux pour rêver lorsque le monde devient trop dur à regarder. La vie dans le quartier aux mille saveurs, puis les bombardements et le chemin d’exil. Mais l’enfance toujours, qui ne vend jamais ses ailes au chagrin… Eux nous regardent intensément, venus de ces lointains (…)

J'ai fermé mes maisons

19 août 2021

J’ai fermé mes maisons

Avant-propos de Murielle Szac
Le bleu du ciel et de la mer. L’oiseau dans l’évidence de l’espace. Une île, puis une autre île très éloignée de la première. Des bateaux à quai. Le silence des pierres. Des maisons aux lèvres closes. Ces silhouettes au carrefour des routes. La polyphonie des langues. Des valises vides. La main qui ne peut attraper le nuage. Ce passager qui regarde passer les bus sans pouvoir y monter… Marianne Catzaras n’a pas besoin de nommer les pays, les lieux, les êtres, les alphabets (…)

Voix Vives 2021

19 août 2021

Voix Vives 2021

Anthologie Sète 2021 Préface de Maïthé Vallès-Bled
Ne faire « plus aucun commentaire sur les mots qui virevoltent dans les flammes de l’incendie… Mais des poèmes. » À l’heure de donner à lire, parmi tant d’autres, ces mots du poète français Stéphane Bataillon, nous retenons notre souffle. Non parce que le festival Voix Vives de méditerranée en méditerranée de Sète livre cette année sa douzième édition contre vents et marées, mais parce que la poésie est là, au plus près de nos attentes, vive, vivante, (…)

Lignes de partage

17 juin 2021

Lignes de partage

Imaginez un État deux fois plus petit que le département du Nord ou celui de la Moselle, un pays frontalier de trois géants européens, une terre couverte de forêts, une capitale éponyme, sa vieille ville médiévale perchée sur des falaises, et vous aurez l’image d’un des territoires les plus singuliers et les plus méconnus d’Europe : le Luxembourg. Sa poésie n’échappe pas à cette règle. Écrite en trois langues, le luxembourgeois, le français, l’allemand – et même quatre si l’on songe à l’anglais de la diaspora (…)

Poème
de l’instant

Paul Celan

« Ein Nichts waren wir, sind wir, werden wir…

« Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend :
die Nichts-, die
Niemandsrose. »

_

« Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur,
la rose de rien, de
personne. »

Paul Celan, Traduction de Martine Broda.