Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

Contact

Fontaine O Livres
85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

Trois foulées plus bas

4 avril 2019

Trois foulées plus bas

Trois foulées plus bas… Sept ans après son premier recueil, François-Xavier Maigre revient à la poésie en arpenteur amoureux des chemins de la vie. L’enfance est encore là, comme chevillée dans le regard du père qu’il est devenu, mais le monde autour de lui a changé. Le désastre, effleuré au cours de ses voyages de reporter, a aiguisé son regard, tanné sa peau d’homme tendre épris de beauté et de spiritualité, ouvert des brèches dans « la fausse tranquillité » de son existence. Le Proche-Orient et les enfants (…)

Contre la nuit

4 avril 2019

Contre la nuit

« Changer l’abord du jour qui commence » par le poème : tel est le vœu que formule Stéphane Bataillon dans ce recueil écrit pour faire barrage au bruit et à la fureur du monde. À la remontée des haines et à l’asservissement de l’homme par la force des algorithmes. À la tyrannie de la vitesse et aux crispations identitaires. Et s’il emprunte le titre des sections qui composent son recueil à la langue utilitaire, parlant de burn-out ou de limiteur de vitesse, c’est pour mieux dénoncer ce qui fait aujourd’hui (…)

Cité perdue

7 mars 2019

Cité perdue

Avec Marie-Bénédicte Loze.
Dessins d’Ernest Pignon-Ernest
« Il est dit dans le conte que partout s’étendirent la haine et le mensonge. » Les mots par lesquels s’ouvre Cité perdue semblent convier le lecteur à une bien triste aventure humaine : celle où règnent l’égoïsme et la dissimulation, la peur de l’autre et les rapports de domination. Et pourtant chacun rêve de l’exact contraire : l’amour et l’égalité entre les êtres, le goût des portes qui s’ouvrent et des mains qui se tendent, ce « jour d’épaule nue (…)

Aujourd'hui

7 mars 2019

Aujourd’hui

Aujourd’hui débute de façon contemplative. Sapho est à Rome, en résidence à la Villa Médicis. Elle découvre la ville derrière « les pins parasols à coiffure romantique ». Mais tandis que « filent les nuages couleur de vent », le monde bruisse à sa porte. « Mon aujourd’hui n’est pas ton aujourd’hui », écrit-elle. Et l’on comprend que les « dizaines de milliers de secondes » qui s’égrènent génèrent autant d’aujourd’hui qu’il y a d’êtres humains occupés à vivre en même temps. La quiétude des lieux est alors troublée (…)

L'exil n'a pas d'ombre

7 février 2019

L’exil n’a pas d’ombre

Une femme. Un homme. Ils marchent, séparément. Ils ont quitté leur village et traversent le désert pour atteindre la mer. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils partis ? Nous n’en saurons pas beaucoup plus, mais l’essentiel nous est donné : nous savons que la femme est partie parce que le livre de son enfance a été déchiré et qu’elle est entrée dans le langage. Son exil est celui de toutes les femmes qui tentent dans le monde d’aller vers la liberté, à travers la lecture et l’écriture. Quant (…)

La Beauté

7 février 2019

La Beauté

Janvier et notre émerveillement devant ce qui naît, février et ses carnavals grimaçants, mars et le combat pour sauver le monde… En 2019, c’est sous la forme d’une éphéméride que se décline l’anthologie du 21ème Printemps des Poètes. Beauté du geste, beauté du diable, chant de celui qui va mourir à l’aube, tyrannie du beau : le livre que nous proposons libère une foule d’insurgés et de rêveurs, d’oiseaux bâtisseurs et d’oiseaux migrateurs, de dissidents et de troubadours sur les grèves harassées des temps (…)

C'en est trop

17 janvier 2019

C’en est trop

Hermann Hesse n’est pas seulement l’auteur de romans mondialement connus. Il a aussi livré une œuvre poétique majeure que cette publication nous invite à (re)découvrir. Les textes de jeunesse témoignent de sa difficulté à vivre et de sa révolte contre un milieu familial piétiste. Puis viennent la dénonciation des ravages de la Première Guerre mondiale et l’évocation du mal fait aux hommes. En fait, l’existence entière entre dans les poèmes de cet homme : les crises personnelles et le suivi psychothérapique, (…)

Dis-moi, ma vie

3 janvier 2019

Dis-moi, ma vie

D’où vient la joie que j’éprouve à publier Dis-moi, ma vie ? D’abord, d’une promesse tenue : celle de faire revivre un livre que Pierre Seghers avait publié en Belgique en 1972 et qui était passé trop inaperçu en France. Ensuite, du sentiment de cheminer, par-delà l’espace et le temps, sur les traces d’un poète-éditeur « fou, fou, fou de poésie ». Dans ces pages somptueuses, Seghers se livre à un méticuleux travail d’introspection, s’adressant à sa vie, cette « émigrée » proche et lointaine, cette promise (…)

Dessinées

18 octobre 2018

Dessinées

Qu’elles fassent du vélo, dansent, se promènent, s’habillent ou se déshabillent, qu’elles lisent, pensent, observent, pleurent ou rient, toutes les femmes captées par le regard aimant de Zaü sont terriblement vivantes. À l’encre de Chine, à la mine de plomb, à l’acrylique, au pastel gras ou sec… peu importe la technique empruntée, le grand illustrateur les a croquées tout au long de sa vie, pour lui-même, sans rien perdre de la fulgurante beauté de ces rencontres.
Illustrations de Zaü
Avec des textes de (…)

Cerise rouge sur carrelage blanc

18 octobre 2018

Cerise rouge sur carrelage blanc

« les femmes qui me ressemblent
ne savent pas parler
le mot leur reste dans la gorge
comme un lion en cage
les femmes qui me ressemblent
rêvent…
de liberté… »

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.