Écrire comme on part

Auteur : Béatrice Libert

<i>Écrire comme on part</i>

Couverture : photographie de Yanek Husianycia

A mes yeux, jamais Béatrice Libert n’avait étreint la terre de cette façon-là, et jamais ses mains jardinières n’avaient pétri, comme ici, le corps du poème comme le corps de la mort. Pétri et caressé car la langue est légère et si sensuelle quand l’auteure réveille les mots qui dormaient dans la moelle de nos os. Et du coup, elle nous encourage à rejoindre notre propre jardin. Ou notre cimetière ? Mais n’est-ce pas très proche ? Ce jardin-cimetière que nous portons en nous, au point que… « Tu ne sais jamais / Si c’est toi qui le traverses / Ou si c’est lui qui marche en toi. »
Une chose est sûre en tout cas, il faut y entrer dans ce jardin-poème, si fragile et si fraternel, s’y promener, peut-être s’y perdre, mais avec la certitude « que demain est tiède d’être déjà aimé ». Gabriel Ringlet, préface (extraits)

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : Le bruit des autres

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Mohammed Khaïr-Eddine

Mémorial

Une clepsydre à la hotte des océans
bardée de silences ambiants arrime
un infini souverain au renouveau puissant…

Bleui ainsi que ton cœur éclaté en étoiles
filantes, il va, il se souvient
de tous les bataclans,
de navires en perdition
et des cieux souterrains,
de tes multiples faces –
royal et pur puisant la force
dans les ors incompris des hiéroglyphes et
dans
l’éclat précaire du Soleil.

Mohammed Khair-Eddine, 1941-1995, Mémorial , le cherche midi éditeur, 1991.