Eclats, cinq poètes roumains

Eclats, cinq poètes roumains

Emil Botta, Nichita Stanescu, Virgil Mazilescu, Dan Verona, Dinu Flamand

"Eclats, cinq poètes roumains est d’abord et avant tout un livre de poésie qui souhaite proposer, à partir de la poésie en langue roumaine, une réflexion sur la poésie en général. On a souhaité y éviter soigneusement les pièges de l’anthologie folklorique ou nationale, qui a tendance à présenter les auteurs comme de simples illustrateurs ou de simples illustrations de l’histoire de leur pays.
Cinq poètes sont ici présentés ; ils ont été choisis parce qu’ils avaient quelque chose à nous dire. Leurs œuvres, à des degrés divers, s’extraient en effet du contexte local pour apporter un point de vue singulier et neuf à leurs lecteurs, définissant à chaque fois une nouvelle " position " ou configuration du poème. On trouvera, par exemple, dans ce volume des textes théoriques de Nichita Stanescu, totalement inédits en français, et qui fournissent de précieux éléments à qui veut réfléchir de nos jours à ce qu’est la poésie. Nichita Stanescu, faut-il le rappeler, avait été proposé pour un prix Nobel qu’une mort prématurée l’empêcha d’obtenir.
En même temps ce livre constitue par bien des aspects une introduction aux problèmes rencontrés par la poésie dans les ex-pays de l’Est, avant et après la chute du Mur ; il peut aider à mieux comprendre le paysage intellectuel d’une " autre " Europe, en attente de reconnaissance de ce qu’elle " est " et de ce qu’elle peut apporter de mieux : un regard à la fois décalé par rapport au nôtre et ouvert sur le monde."
Pierre Drogi, traducteur

Paru le 1er novembre 2005

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.