Desnos et le cinéma de Carole Aurouet

Desnos et le cinéma de Carole Aurouet

Né cinq ans après les débuts du cinématographe, Robert Desnos a été d’emblée enthousiasmé par ce nouveau moyen d’expression. Son engouement est tel qu’il participe au 7e art de deux façons. D’une part, il écrit sur le cinéma : des comptes-rendus de film, des analyses d’oeuvres de cinéastes, mais aussi des articles sur des problématiques extrinsèques aux films eux-mêmes ; entre 1923 et 1930, il livre plus de quatre-vingt papiers. D’autre part, il écrit pour le cinéma ; Desnos est en effet l’auteur d’une vingtaine de ciné-textes - dont quatre seulement ont été publiés de son vivant, entre 1925 et 1933 - qui correspondent à ce qu’il rêve de visionner sur les écrans des salles.

Carole Aurouet est maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée.
Auteur de nombreux ouvrages sur Jacques Prévert (théâtre, poésie, cinéma, collages), ses publications portent aussi sur la littérature et le cinéma, le surréalisme, le groupe Octobre et la génétique scénaristique. Le cinéma des poètes (Guillaume Apollinaire, Pierre Albert-Birot, Antonin Artaud, Robert Desnos, Benjamin Péret, etc.) est également au centre de ses recherches.

Paru le 1er avril 2016

Éditeur : Jean-Michel Place

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.