Des âges solitaires de Jean Royer

Des âges solitaires de Jean Royer

L’éditeur Écrits des Forges et éditions Phi, du Luxembourg, présentent Des âges solitaires, le plus récent recueil de poèmes de Jean Royer.

Poète, anthologiste, auteur de récits et d’un portrait de Gaston Miron intitulé Voyage en Mironie, publié chez Fides, Jean Royer a également été l’un des fondateurs de la revue de poésie Estuaire, journaliste culturel au Devoir et directeur littéraire des Éditions de l’Hexagone. Traduite en espagnol (Depuis l’amour/Desde el amor, Écrits des Forges et Unam, Québec et Mexique) l’œuvre poétique de Jean Royer lui a mérité les prix Claude-Sernet (France) et Alain-Grandbois (Québec), entre autre distinctions. Il est aussi membre de l’Académie des lettres du Québec.

« Tu es né l’impair, et ta forme
accomplie sera l’habitation du poème,
l’ombre jetée de tes fulgurances,
la prière d’un homme digne d’espérer. »

Interroger silences et regards des autres, ceux du père, de la mère ou de la fratrie, par exemple, interroger les temps forts de la vie : voilà le rôle que le poète assigne à sa poésie afin qu’elle soit « la révélation/ de l’éternité dans la présence ».

Des âges solidaires brosse un tableau lumineux d’une vie à partir du mystère de ses origines et accorde au poète un rôle singulier : « Frêle passager de la vie à la mort,/un chant te porte jusqu’à l’autre nuit ».

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : Ecrits des Forges - FIP

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.