Densité de l’hiver

Joseph Rouffanche

L’hiver est un lointain d’intimité puissante.
L’horizon de l’hiver est en torchis de bêtes,
En rêve de mica sur les granits d’absence.
Une femme séduite étouffe l’innocence
(la tendre, blanche et noire au chevet de sa tête)
Son sexe en son regard et le tueur d’oiseaux.
L’eau charbonneuse bouge entre les poulies mortes.
Dans les plis de l’air froid souffrent les lierres noirs.
Les mariées d’hiver sont pierreries hautaines.
Leur lit, chêne et soleil, contient la feuille morte,
Une vallée bordée de fourrures lointaines.
Le premier teinturier descend aux cloisons mortes
Inventer sa couleur dans l’instance des portes,
Le vert mystique et pieux, la reine des couleurs.
Parfois se vient mirer alentour des métaux,
La vie furieuse et franche en posture d’étau.

Poème
de l’instant

Un Temps fécond

Il est un homme, ailleurs, que le voyage habite, qui prend son dû au négoce du jour.

Léon Bralda, Un Temps fécond, Éditions Henry, 2019.