D’infinis paysages

Dominique Cagnard

La nuit se penche sur les arbres
lentement elle ouvre son parachute
et lance ses voiles sur la forêt.
C’est une douce mélancolie
qui vous donne envie de boire la lumière du crépuscule
Loin très loin dans les franges du ciel
sommeillent les ombres feuillues
qui enracinent le silence
sur leurs paupières fauves.
Deux rameurs se promènent
Corot veille.
Une barque posée là
comme un oeil clos
indique le chemin,
une feuille d’oiseau posée sur les genoux
(inédit)

Poème
de l’instant

Momin Latif

AVIS À L’AMOUREUX

Ne sors pas dans la rue
L’âme trop visible
Sur tes yeux
On devinera ton cœur
Qui bat
Ton foie gorgé de sang
Tes entrailles qui frémissent
Tu feras rire les enfants
Tu rencontreras peut-être
Le fauve
Que tu aimes tant
Ne lui fais pas peur
Ne sors pas dans la rue

Momin Latif, Peut-être moi, Dumerchez, 2007.