D’infinis paysages

Dominique Cagnard

La nuit se penche sur les arbres
lentement elle ouvre son parachute
et lance ses voiles sur la forêt.
C’est une douce mélancolie
qui vous donne envie de boire la lumière du crépuscule
Loin très loin dans les franges du ciel
sommeillent les ombres feuillues
qui enracinent le silence
sur leurs paupières fauves.
Deux rameurs se promènent
Corot veille.
Une barque posée là
comme un oeil clos
indique le chemin,
une feuille d’oiseau posée sur les genoux
(inédit)

Poème
de l’instant

Fereydoun Faryad

Ciel sans passeport

Exil amer.
Aucune lettre, nulle visite.
Sauf un moineau
Qui s’est posé sur la fenêtre
Avec en son bec
Un vers de Sappho.

Fereydoun Faryad, Traduction de Jacques Lacarrière, Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.