Cours Lola, cours !

Auteur : Geneviève Casterman

Cours Lola, cours !

Personne n’a senti l’orage couver. Ni Lola, ni son frère assoupi à côté d’elle, ni sa mère… C’est vers 16 heures que la foudre est tombée. C’est maman qui conduisait. Papa était à côté, sur le siège passager. Il était 15h55. C’est l’heure qu’indiquait l’horloge dans l’auto. à ce moment précis, Lola a senti qu’elle perdait quelque chose qu’elle ne retrouverait plus jamais. Elle n’a pas compris tout de suite mais elle l’a su et tout de suite elle a eu peur. Tout de suite elle a pleuré. Son frère s’est réveillé. Maman s’est arrêtée. Papa a tout raconté.

Lola a dix ans lorsqu’un jour, contre toute attente, son père quitte sa mère. C’est toute une famille qui s’en trouve explosée, déboussolée. Les jours passent. Pas la tristesse. Alors, Lola se met à courir de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps, de plus en plus vite. Dans ses baskets neuves, Lola court, pour se sentir bien.

Geneviève Casterman signe ici un album juste et sensible à propos de la séparation d’un couple, du point de vue d’une fillette. Ce livre parle de résilience, de course à pied et du passage de l’enfance à l’adolescence. Car du choc à l’apaisement, entre ses rêves, ses souvenirs et ses désirs, Lola grandit.

Les dessins réalisés en noir et blanc et rehaussés à la couleur alternent paysages et mises en situation. Ils s’enchaînent et reproduisent cet état d’esprit propre à la course : hypnotique, concentré, bercé par la respiration et les paysages qui défilent.

Paru le 22 octobre 2020

Éditeur : Esperluète Editions

Genre de la parution : Jeunesse

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Serge Sautreau

Rivière je vous prie

Loin, un instant, des rives, souvenons-nous, riverains des cours de porcelaine, souvenons-nous des loges de verre, entre flammes et idoles, où se pâmaient le mythe, la révolte, les tyrannies de la fin…

Loin, à l’instant, loin du poumon fertile, c’est l’origine qui appelle avec de longs herbiers ondulant sous la nacre, laissant apercevoir des sables habités, des galaxie solubles, des à-pics de massifs coulés s’engloutissant dans le vert sombre.

Pour invoquer. Pour éveiller le dieu. Pour ne jurer de rien. Pour accueillir. Rivière.

Serge Sautreau, Rivière je vous prie, Éditions l’Atelier le Ciel sur la Terre, 1997