Coulées d’ombre

Sabine Peglion

Coulées d’ombres où le vent installe des hommes de pierres
drapés de silence Leur regard se dérobe au voile du désert

Il se perd s’enfonce dans la poussière
traverse l’espace - Vers quel horizon -

Rejoindre les traces d’hiératiques dromadaires
ces caravanes de sel d’épices d’ambre
Esclaves ou mercenaires revenant en mirages

A la terre confondus éternels guetteurs d’une aube d’un voyage
Ils attendent Pour eux la solitude habite le temps

Autour de la clepsydre on palabre on invente on distribue les heures
loin de la palmeraie Le chant de l’eau irrigue
la ferveur la confiance en ce jour d’exister

Et les rides s’estompent aux questions de l’enfant
Nœuds de paroles au sable détournées goutte à goutte
l’horloge accorde au temps la vibration acide des semences levées

Sabine Péglion

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.