Contre-nuits

Auteur : Jacques Lacarrière

Contre-nuits

Jacques Lacarrière et Albert Woda se connaissent depuis plus de dix ans. De cette amitié est né Erèbe/Ebène aux éditions de l’Eau. ils renouvellent l’expérience aujourd’hui avec Contrenuits, mais cette fois, Jacques Lacarrière a choisi d’illustrer de ses textes une quarantaine de gravures à la manière noire d’Albert Woda.
Dans cette technique de gravure, on noircit entièrement la plaque, on part du noir pour aller vers le blanc ce qui permet d’obtenir, au tirage, un noir mat parfait. Cette dualité noir/blanc, ombre/lumière se retrouve tout entière dans les textes de Contre-nuits.
L’ouvrage débute par La nuit d’avant les nuits, allusion à « la première nuit du monde », celle que connurent Adam et Eve lorsqu’ils furent chassés du paradis. Dans un dialogue fictif, l’écrivain nous livre une suite de réflexions philosophiques et poétiques autour de la Nuit. « De la gravité à la grâce, autrement dit de la noirceur à la lumière, il y a toute l’histoire et l’aventure de notre mo1zde. »
La seconde partie de l’ouvrage, intitulée Contre-nuits, est un recueil de vingt poèmes inspirés par les gravures d’Albert Woda.

Paru le 9 septembre 2004

Éditeur : Alternatives

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.