Comme si on me suit…

Ismaël Savadogo

Comme si on me suit
j’entends par moment un bruit
dans mon dos.

Je me retourne mais vois juste
qu’il n’y a que la terre qui effectue des rondes
au pas des portes et derrière les fenêtres
où elle s’attarde quelques minutes
puis continue.

Ainsi on écrit un poème
d’une certaine façon en ne l’écrivant pas
comme cette route qui s’avance.

Elle le fait comme d’habitude
en tenant juste une bougie allumée qui l’éclaire.

Pour tout savoir d’une rive
en étant sur l’autre, je dis attendre encore
l’âge où je serai recouvert de sable.

Je suis né alors s’oublie dans la parole
de plus en plus vite.
Il n’est pas dévolu à l’ombre
mais brouille seulement les mots.

Ismaël Savadogo, inédit offert au Printemps des Poètes

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.