Cinq poèmes préislamiques

SINDBAD / ACTES SUD
COLLECTIF

Traduit de l’arabe par Pierre Larcher
“La Petite Bibliothèque de Sindbad”
Amours, chevauchées, chasse, ripaille, beuverie, mais aussi guerre et razzia, désert de feu et crue évastatrice, éloge du prince, satire d’un chef, gloire du poète lui-même… : tels sont les thèmes de cette poésie d’origine nomade et de tradition orale, liée aux cours princières de l’Arabie d’avant l’islam.
Ces cinq poèmes préislamiques constituent une suite aux Sept Poèmes, plus connus sous le surnom de Mu’allaqât, la plus célèbre anthologie de la poésie arabe archaïque.
Tantôt les deux et tantôt les trois premiers de ces poèmes, attribués respectivement à al-A’shâ Maymûn, al-Nâbigha al-Dhubyânî et ‘Abîd b. al-Abras (fin Ve-début VIIe siècles ap. J.-C.) sont en effet ajoutés par certains commentateurs anciens aux sept pour former des recueils de neuf ou dix poèmes. Les quatrième et cinquième poèmes, également attribués à al-Nâbigha al-Dhubyânî et à al-A’shâ Maymûn, font partie de la version des Mu’allaqât figurant dans une autre anthologie, la Jamhara.
Amours, chevauchée, chasse, ripaille, beuverie, mais aussi guerre et razzia, désert de feu et crue dévastatrice, éloge du prince, satire d’un chef, gloire du poète lui-même… : tels sont les thèmes ordinaires de cette poésie, d’origine nomade et de tradition orale sans doute, mais liée aussi aux cours princières de l’Arabie d’avant l’islam, notamment celle de Hîra, près de l’Euphrate
en Mésopotamie, et, de ce fait, nullement coupée du monde extérieur. Contrairement à ce que l’on a parfois dit, ces thèmes ne sont pas plus assemblés de manière anarchique qu’ils ne constituent une série de tableaux statiques dans une galerie obligée. Tous, au contraire, s’inscrivent dans la marche générale du poème, qui a ses règles, mais aussi ses libertés, comme l’attestent ici le ton libertin d’al A’shâ Maymûn, celui, sententieux, de ‘Abîd b. al-Abras ou le puissant symbolisme d’al-Nâbigha.

LE TRADUCTEUR
Pierre Larcher, docteur ès lettres, est professeur de linguistique arabe à l’université d’Aix, après avoir longtemps séjourné, comme enseignant ou chercheur, dans différents pays du monde arabe. Auteur de nombreux travaux de linguistique, il réserve depuis toujours une part de son
activité à la traduction littéraire, avec une prédilection particulière pour la poésie arabe préislamique (Les Mu’allaqât ou les Sept poèmes préislamiques, Fata Morgana, 2000).

Paru le 1er janvier 2004

Éditeur : Actes Sud

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Les quatre coins du cœur

Un garçon qui, avec le courage des simples, aimait ce qu’il désirait, admettait ce qui l’émouvait, bref, s’y livrait sans se débattre. Naïvement, comme plus personne – ou si peu – n’en avait la possibilité, le courage ou la simplicité en ce siècle.

Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, Éditions Plon, 2019.