Chuchotements du poète coréen Ko Un

Chuchotements du poète coréen Ko Un

Après Dix mille vies (Belin 2008), Ko Un nous livre un nouveau recueil de 71 poèmes dans lequel il continue de tisser les liens entre sagesse orientale et culture occidentale.
« Cela ressemble à des chuchotements plutôt qu’à des cris ou des chants qu’on fredonne », écrit Ko Un dans sa Préface à propos de ces poèmes qui sont en effet d’une écriture plus évocatrice qu’appuyée. Le recueil a été écrit dans une sorte de jaillissement après un an de silence succédant à une ascension dans l’Himalaya qui éprouva lourdement la santé de Ko Un. Sur un fond toujours présent de conscience historique et politique, Ko Un peint une succession de tableaux tantôt violents, tantôt d’une grande douceur, tous marqués par la présence de la nature et des couleurs, avec beaucoup de réminiscences enfantines.
Il s’agit de la première traduction de ce titre dans une langue européenne.

LE PLUS GRAND POÈTE CORÉEN
L’auteur : Ko Un, né en 1933, est le plus célèbre des poètes et écrivains sud-coréens (plus de 130 volumes de poèmes, essais et fictions). Il a grandi sous l’occupation japonaise et fut fortement marqué par les massacres de la guerre de Corée (1950-1953). Entré dans les ordres bouddhistes en 1952, il en sort une dizaine d’années plus tard pour se consacrer pleinement à sa carrière de poète. Militant actif contre la dictature et les injustices sociales, il
a été emprisonné à plusieurs reprises. Ko Un, traduit en plus de 10 langues, dont l’anglais, le français et l’allemand, est un des lauréats probables du Prix Nobel de Littérature dans les années à venir. Sa poésie est très accessible, sans hermétisme et très évocatrice.

Paru le 1er mars 2011

Éditeur : Belin/ Po&sie

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.