Cheyne

En toute indépendance

Depuis 1980, Cheyne éditeur publie de la littérature contemporaine avec le double souci de faire connaître de nouveaux écrivains et poètes, et d’accompagner l’oeuvre de ceux qu’il a découverts. Vitalité et fidélité qu’a révélées, au fil ans, la création de six collections, toutes témoins de l’exigence de la maison et de son ouverture aux préoccupations de notre temps.
Dans le panorama de l’édition française, Cheyne fait entendre, à travers des oeuvres maintenant reconnues, une tonalité poétique singulière, où l’expression d’une expérience intérieure rejoint volontiers le questionnement.
Une diffusion indépendante auprès de libraires fidèles, un partenariat régulier avec les bibliothèques et de nombreuses lectures publiques, montrent la volonté de Cheyne d’aller sans cesse, et librement, à la rencontre des lecteurs.

Edition de poésie

Poésie contemporaine

Collection de poésie étrangère

Editions sonores

Collection de poésie pour la jeunesse

Livres d’artistes

Revue de poésie

Type de livres :
broché, illustré avec gravures

Mode de diffusion, de distribution
Nous-mêmes, livres vendus en librairies

Année de création : 1980

Nombre de parutions par an : 12

Tirage moyen : 1000

Auteurs phares  : Jean-Pierre Siméon, Jean-Marie Barnaud, Pascal Riou

Accepte de recevoir des manuscrits : que les bons !!

Editeur  : Jean-François Manier
Tél : 04 71 59 76 46
email : cheyne-editeur@wanadoo.fr

Contact

Au bois de Chaumette

07320

Devesset

Contre-chant

18 mai 2022

Contre-chant

Tu rêves que tu danses, follement, au bras d’un cavalier, tu t’envoles… Vous dansiez, à Mariánské Lázně. C’était facile et délicieux. Vous dansiez tous les soirs, après les cours, tard dans la nuit. La valse, le tango, la samba. Au réveil, il te semble que tu pourrais danser encore, un instant, auprès d’un être avec qui tout serait possible. Dear maiden, écrivait Luke, dans une de ses lettres (d’amour). Il te vient, parfois, de furieuses envies de danser. À Noël, te souviens-tu, alors que nous écoutions (…)

Une odeur d'oiseaux chantants

18 mai 2022

Une odeur d’oiseaux chantants

Voilà mon rêve dit Mafou. C’est une fille avec des oignons dans la tête et qui nourrit toute la maison. On la pique régulièrement pour extraire un jus très fortifiant, très apte à faire grandir les petits et à garder en forme les plus grands. Une servante la baigne chaque soir dans une grande cuvette bleue comme la lavande et lui masse les pieds en murmurant des mots pleins qui chantent. Quand cette fille est fatiguée ou a besoin de repos, on l’emmène dans la cour, derrière, là où rien ne pourra la (…)

Minimalia

18 mai 2022

Minimalia

Traduit de l’italien (Suisse) par Christian Viredaz
Préfacé par Daniel Maggetti
Édition bilingue
Stiamo dormendo, dicono i morti,
vieni anche tu. Un momento
vado a cogliere le ciliegie
quest’anno sono proprio belle rosse
non posso lasciarle tutte ai merli
On dort si bien, disent les morts,
viens nous rejoindre. Pas tout de suite
il me faut cueillir les cerises
cette année elles sont vraiment belles rouges
je ne peux pas toutes les laisser aux (…)

Cavale Russe

18 décembre 2021

Cavale Russe

et dans mes yeux ces mois défilent comme si j’avais sauté d’une traite les neuf mille bornes et sept fuseaux horaires en un claque- ment de doigts et pendant tout ce temps j’ai seulement vu tout ce qu’il reste à voir je ne suis pas plus grand mais j’ai plus soif et dans ce bar de banlieue Ouest au bord de la Baltique avec les grues tournées vers l’intérieur des terres et le silence factice des vagues derrière la vitre j’observe les chalutiers et les marins rentrer en souriant au (…)

Dans l'herbe

1er septembre 2021

Dans l’herbe

dans l’herbe où je me dore, dieu
faites que oui
que la paresse m’abîme. à tout jamais je veux
que l’herbe
en feu, que les fourmis dévorent
mes tout petits mollets. mâchent mes peines
je le demande oui, que le,
que le soleil écrase
ou brûle ou tue mes tempes mes douleurs,
au moins un peu. surtout les plus rigides
s’il vous plaît. — passons nos vies dans la pelouse
à rêvasser, à vivre un peu
le peu d’espace
qu’on veut bien nous (…)

Demeurer suspendu

24 août 2021

Demeurer suspendu

Traduction de Bernard Banoun.
Collection « D’une voix l’autre »
Qué prisa les ha dado últimamente a los padres
de todos mis amigos por morirse,
como si fuera este el momento en que dejarnos a solas con nosotros mismos,
lo prometido desde nuestras cunas,
la abolición de los consejos
con que siempre iba engalanado el ceñudo futuro
y sin los cuales, en otra época,
no hubiéramos sabido qué hacer con nuestras vidas (…)
Qu’ils ont eu hâte, dernièrement, les pères
de tous mes amis, de mourir, (…)

Hauts Déserts

26 juillet 2021

Hauts Déserts

Piémont bref.
Rocs en torsion sous le grand arc, entre les boutonnières rèches hérissées de chevrons.
Mirages. Vertige harmonise à l’instinct ses propres lois de composition.
L’air trébuche sur un feu d’or mat, que tu couves au pied d’un buisson, dans le rond de ton bras. C’est l’odeur du soir. Sa rumeur. Ses directions rompues dans la multitude accore.
Maquis de chardons, limbes dentés raidis.
Sève figée.
Exhaussement d’un fragment de mer morte, coquilles denses, cônes lisses, roches de dernière (…)

Nu l'été sous les fleurs

1er juillet 2021

Nu l’été sous les fleurs

Mais je ne me souviendrai de rien,
ni des toits laqués ni de ta peau écrue, et vivre n’était alors qu’un défaut de l’œil gauche j’ai dit.
Le jardin gonflait dehors l’étendue des phrases vaines, sous les lauriers les murs de bauge
des voix simplement.
Allumés parfois pareils à d’anciennes villes nous allions, la nuit, entre le mobilier de bois verni la faune des objets en passant
et parfois l’herbe des plaines ou la bruine nous touchaient
nos corps habillés de peu cherchant la touffeur brune d’une (…)

Rhapsodie rouge

1er juillet 2021

Rhapsodie rouge

à ceux qui
envisagent mon visage
comme un visa jeunesse
tu diras
sa rage il y a longtemps
a mis l’âge au tombeau
Rhapsodie rouge, on suppose le cœur un volcan à l’enfance éternelle. Elle maîtrise le feu, peut t’allumer en un éclair, n’a qu’à frotter tes pierres, idées derrière ta tête, pour que jaillisse la lumière visqueuse de tes reins.

À l'intérieur de la nuit

10 juin 2021

À l’intérieur de la nuit

Illustrations de Yann Bagot
Il est des jours
Où nous nous sentons de nuit
Vaquant à nos affaires
Mais le jour nous est un pays étranger
Les mots qu’on nous adresse
Ont trop de lumière
On leur répond d’un silence
Noir
Ce n’est pas affaire de tristesse
Ni de fatigue
La nuit simplement est restée
Dedans

Poème
de l’instant

« Aubade »

I had two desires : desire to be safe and desire to feel.

Louise Glück, Poems 1962 - 2012, « Aubade », Farrar, Strauss and Giroux, 2012.