Chefferies bamiléké

Auteur : Gérard Macé

Chefferies bamiléké

Au Cameroun, je suis allé une première fois en janvier 2010. J’y suis retourné en novembre 2012 et en janvier 2013, pour assister dans le pays bamiléké aux différentes phases de la succession d’un chef, ainsi que pour visiter une trentaine de chefferies, où j’ai été reçu comme un roi… par les rois eux-mêmes. Comme en d’autres endroits, ce qui m’a intéressé est la cohérence d’un univers, une tradition vivante qui évolue, les relations des hommes entre eux et au monde qui les environne.
En écrivant et en photographiant, j’ai voulu éviter le point de vue superficiel du touriste qui reste sur son quant à soi, et ne pense qu’à se protéger, ainsi que le point de vue surplombant de l’ethnographe, que je ne suis d’ailleurs pas. Entre les deux, je crois toujours que la littérature a toute sa place, libre et singulière.

Paru le 1er février 2014

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.