Champigneulles de mon enfance

Bernadette Throo

Champigneulles, en ce temps-là, c’était encore presque la campagne. On y cultivait de vastes jardins, comme celui où, sur la route de Bouxières, ma grand-mère tirait, d’un sol parfois rétif, de savoureux légumes.

Champigneulles, c’était aussi, c’était surtout, bien sûr, la Brasserie qui chaque semaine, livrait à mon grand-père, employé dans ses bureaux, une caisse de bière. Je le revois, les soirs d’été, attablé dans la cour devant sa petite canette dont l’enfant que j’étais s’efforçait d’aspirer la mousse !

Champigneulles, tout près de la ville pourtant - six kilomètres à peine –, ce fut pour moi, en ce temps-là, le libre espace des vacances, leur bonheur quotidien, le paradis d’enfance, lumineux et frais comme la bière qui moussait aux canettes de mon grand-père.

Poème
de l’instant

Coplas

Où va donc ce chemin ?
- Ce chemin ne va pas :
ce chemin reste là,
à l’endroit où il est.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.