Celui qui voit de ses yeux

Haïkus des maîtres japonais

Celui qui voit de ses yeux

Traduction et dessins d’Alain Blanc.

Tercet japonais de 17 syllabes, le haïku n’est pas qu’une forme littéraire très codifiée. Il est peut-être avant tout une manière de percevoir, d’éprouver, une attitude, une manière d’être ici et maintenant, tête désencombrée, ouverte. Autrement dit un art de vivre qui requiert, selon R. H. Blyth, quelques qualités essentielles comme désintéressement, solitude, consentement, oubli des mots, non-intellectualisme, accord, humour, liberté, amoralité, simplicité, sens du concret, amour, courage.
« J’ai réalisé, affirme Gary Snyder, que l’esprit du haïhu provient autant de l’esprit de la vie quotidienne que de la culture dite savante ».

Paru le 1er mars 2019

Éditeur : Voix d’encre

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.