Car l’adieu, c’est la nuit

Auteur : Emily Dickinson

Car l'adieu, c'est la nuit

Traduction de Claire Malroux.

« Celle qui a tant écrit sur l’adieu a dit adieu au monde il y a cent vingt ans, léguant à d’hypothétiques lecteurs, tandis qu’une mouche venue de ses propres poèmes cognait contre la vitre de sa chambre, "la part d’elle transmissible" : une longue lettre sans signature, composée de centaines de feuillets déposés dans un coffret au fond d’un tiroir de commode. Un tendre et solennel héritage à partager. Une énigme à résoudre par les générations à venir.

Ce mode de transmission suffit à lui seul à distinguer Emily Dickinson des autres poètes, et même d’un Pessoa qui a laissé la plus grande partie de ses œuvres à la postérité dans des circonstances un peu analogues. Le poète portugais jouissait de son vivant d’une certaine notoriété. Emily Dickinson, tout entière réfugiée dans ses écrits, n’en avait pour ainsi dire aucune. Elle livrait avec une rare confiance ce qu’elle avait de plus cher aux mains "aveugles" des générations futures. »

Claire Malroux.

Paru le 1er septembre 2007

Éditeur : Gallimard

Genres de la parution : Version bilingue Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Bernard Noël

La Peau et les Mots

je buvais ta sueur
et tu étais le nom de toutes
agile infiniment sur la corde mémoire

et ta pensée est avec moi
dans mon désir de me survivre.
J’ai voulu te dire cela parce que
tu y trouveras la certitude que le
temps ne changera jamais rien
de ce que tu as trouvé en moi.
Bernard Noël, La Peau et les Mots, Éditions P.O.L, 2002.