Cantique du balbutiement

Auteur : Louis-Philippe Dalembert

Cantique du balbutiement

« Un jour j’ai poussé les portes de l’aube… » Dès les premières pages de Cantique du balbutiement, le poète haïtien affirme, avec des mots de grand vent, qu’il est du pays de son enfance. Les bégaiements du petit jour et le profond de la nuit, la saison des cyclones, les veillées de prières et les prophéties, le corbillard qui passe en fin d’après-midi, « l’eau boueuse du quotidien » et la « migraine carabinée des questionnements », cette grand-mère opiniâtre qui a le don de rafistoler la vie… Louis-Philippe Dalembert n’en finit pas de dérouler le film haut en couleurs d’une enfance haïtienne. Mais en creux, sur la ligne d’ombre du partage, le poème fait entendre ce que les mots ne disent pas : le départ, la perte, l’absence –, cette « grande muette défiant le monde entier des choses ».

un jour
j’ai poussé les portes de l’aube
depuis je vois le monde
à travers ses rayons
pâles d’ombre et bleus de nuit
sans les effusions
de mes blessures

ce jour-là
face à la mer caraïbes
j’ai rêvé d’un poème
qui nulle part ne commence
ou alors de l’enfance
et nulle part ne finit

Paru le 3 septembre 2020

Éditeur : Éditions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

L’Oiseau en liberté

L’oiseau qui passe là-bas,
L’oiseau léger
Qui bat des ailes
Et fend l’air là-bas à l’horizon,
N’a rien à lui au monde,
Mais comme il est joli
En liberté !

Claude-Joseph M’Bafou-Zetebeg, « L’Oiseau en liberté », Anthologie africaine : poésie , Éditions Hatier, 2001.