Cahier d’études Léo Ferré, à la Seine Caussimon/ Ferré, frères du hasard

À LA SEINE

À la Seine de Jean- Roger Caussimon

Mon cher Léo par Jean-Roger Caussimon

Comme un chêne toujours en plein froid… par Léo Ferré

Au Lapin Agile par Jean-Roger Caussimon

Il y avait à Montmartre un type… par François Billetroux

Les premiers pas du poète par Yves Mathieu, entretien avec Raphaël Caussimon

L’homme de ma vie par Paulette Caussimon, entretien avec Luc Vidal et Claude Frigara

Comment naissent les chansons ? par Éric Robrecht, entretien avec Raphaël Caussimon

Avec la bande à Saravah par Pierre Barouh, entretien avec Raphaël Caussimon

Ne chantez pas la mort ! par Jean-Roger Caussimon

J’ai réalisé un jour… par Céline Caussimon, entretien avec Jean-Baptiste Mersiol

La mort complice n’a jamais pu tuer les poètes par José Artur

L’irremplaçable orfèvre des mots par Jean-Louis Foulquier

Studio de nuit par Jean-Roger Caussimon, entretien avec Jean-Louis Foulquier

Quand on est gentil et caustique… par Francis Livon, entretien avec Raphaël Caussimon

Ferré-Caussimon : la rencontre entretien avec Jean-dominique Brierre

La chanson explosive de Jean-Roger Caussimon mémoire d’université par Francis Hébert

CHRONIQUE

La Grande complainte de Fantômas de Robert Desnos chantée par Léo Ferré par Marie-Claire Dumas

RUBRIQUES

Astride Bruant du Chat Noir au Lapin Agile par Luc Vidal

Y’a pas qu’Léo, Jean Caussimon et ses interprètres par Michel Trihoreau

Madame la Misère et Monsieur William par Jean-claude Vallejo

Cahier de photographies

Postface par Luc Vidal

Bibliographie - Discographie

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : Le petit véhicule

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.