Bois de peu de poids été -automne

Auteur : Romain Fustier

Bois de peu de poids été -automne

tomate + basilic = été au jardin

dans ton assiette / avec tous les étés

de tous les jardins / celui-là même

qui paresse devant toi & d’autres

plus à l’ouest souffrant du manque

de pluie / malgré le ciel nuageux

cet après-midi / une averse en soirée

ici / l’été avec ses roses éphémères /

ses feuilles qui chutent déjà là-bas /

t’apprend-on / au-delà des haies

du bocage & des marais / le basilic

en lamelles + une tomate en rondelle /

des mots qui t’ouvrent un présent

de futurs regrets d’étés au jardin

Paru le 1er mai 2016

Éditeur : LansKine

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage