Baudelaire et le puits des magies

par Pierre Brunel,

"L’essai que je présente ici a sa source dans un intérêt très ancien chez moi pour Baudelaire, et dans le désir de poursuivre la réflexion amorcée lors d’un précédent essai sur Les Fleurs du Mal, de l’élargir en sollicitant plus largement l’œuvre dans son ensemble, en pratiquant l’analyse mythocritique et en montrant comment du gouffre baudelairien, décrit par Benjamin Fondane, jaillissent des trésors, venus d’un " puits des magies ".
Les essais successifs conduiront d’Homère à des contemporains de Baudelaire, français ou étrangers, mais aussi, au-delà de lui-même, à cette modernité poétique que, selon Hugo Friedrich, il a inaugurée. Ni les beaux-arts, ni la musique ne seront oubliés. Mais, est-il le besoin de le préciser, les exemples retenus l’ont été pour leur pouvoir de suggestion, et nullement dans un esprit d’enquête et d’exhaustivité."
Pierre Brunel

Pierre Brunel, tout en étant l’un des meilleurs spécialistes français de littérature comparée, a aussi beaucoup œuvré dans le domaine de la mythocritique et de la poésie du XIXe siècle. Après ses essais et éditions critiques de Rimbaud, il s’intéresse ici à un autre grand magicien, Baudelaire.

Paru le 1er janvier 2003

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.