Ballade des Audoniens tendant la main pour un sou(rire) d’Oise(eau)

Serge Ritman

à Saint-Ouen-L’aumône emprès Pontoise
Villon François qui rien n’y a de l’A15
aux Épluches lègue aux enfants de Pasteur
et Prairie aux cinéphiles d’Utopie aux gens
du voyage aux adolescents migrants de Marcel
Pagnol aux employées du Vert-Galant aux
descendants du parc le Nôtre aux habitants
des tours du clos du roi elles zieutent haut
les nonnes de Maubuisson enchâssées

dans l’art contemporain d’une grange
ou musée départemental de l’éducation

aux dîmes qui résonnent les trains en gare
de Liesse et les chiens en chaussée de Jules
César aux abois du parc mail à mon amour
sur le pont d’Oise faut-il qu’il m’en souvienne
lègue donc l’oreille de Vincent son aumône
ma ville nouvelle en neiges d’antan je te
suis à jour d’illustrations ni ministre sénat
de défense à chacun tous de vivre langage
et relation sans toise ni moise en aumône

sourions oiseaux drôles qui n’avons la pépie
les enfants de Saint-Ouen-L’aumône vivent

Poème
de l’instant

Nicole Brossard

Le courage juste à temps

Touche pour voir
d’un seul coup
la poitrine, les joues
ton humanité
avec ou sans visa sans visage
touche voir
si le courage troue les monstres
si ça fonce drette dans l’âme d’autrui
si ça accélère tou’le temps partout
la fièvre les pensées
si l’infini se déverse
dans le sang
juste à temps

Nicole Brossard, Nous, avec le poème comme seul courage, anthologie Le Castor Astral éditeur, 2020.