Badgad sous l’ordure de Dominique Dou

Badgad sous l'ordure de Dominique Dou

Voici Bagdad, la ville qui est dite ici avec splendeur par une femme poète : Je t’ai connue - la voici connue absolument, par un poème où devient possible la connaissance de ce qui est le plus muet et inconnaissable, et ici se prononce dans les strophes du mouvement et de la victoire du langage, portant à même le sol ravagé. Où la langue se parle à soi-même, et d’elle-même, de poème en poème, elle qui est l’aéronaute sur le tarmac, touchée entre les voyelles ouvertes. Et le livre entre les mains et qui tient debout, elle qui sera le corps qui est livre même : entre les voyelles, le livre et les mains, le livre qui tombe des pyjamas blancs, et des tissus noirs par celle-ci, le poète femme, elle la poète, elle dont l’écriture s’ouvre pour une grande marche de poèmes.

extrait de la postface de Jean-Pierre Faye
*
couverture Isabelle Clement

Paru le 1er mai 2017

Éditeur : Henry

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Olivier Barbarant

Essais de voix malgré le vent

Voilà dix ans que je tente passer la rampe sans trop forcer les choses ni les mots gaspillés
Tant que faire se peut à éviter les coups de glotte ou le leurre d’en rajouter
Dix ans à prendre les pages pour cet étrange mégaphone où le murmure porte au loin sans briser si possible sa première douceur
À croire qu’avec le livre ouvert c’est le frisson qui se propage et qui peut-être se survit

Dix ans à vous prêter entre mon corps et l’ombre ce bruit de branche agitée qu’un jour vous aussi avez entendu
Sans toujours songer à le dire si bien que je le fais pour vous
Rêvant des phrases et formes de remords comme une mûre dans les ronces
Rompant lentement le silence jusqu’à nos lèvres écorchées
Pour faire place au peu de jours de vous à moi qui nous rassemble.

Essais de voix malgré le vent, Éditions Champ Vallon, 2004.