Badgad sous l’ordure de Dominique Dou

Badgad sous l'ordure de Dominique Dou

Voici Bagdad, la ville qui est dite ici avec splendeur par une femme poète : Je t’ai connue - la voici connue absolument, par un poème où devient possible la connaissance de ce qui est le plus muet et inconnaissable, et ici se prononce dans les strophes du mouvement et de la victoire du langage, portant à même le sol ravagé. Où la langue se parle à soi-même, et d’elle-même, de poème en poème, elle qui est l’aéronaute sur le tarmac, touchée entre les voyelles ouvertes. Et le livre entre les mains et qui tient debout, elle qui sera le corps qui est livre même : entre les voyelles, le livre et les mains, le livre qui tombe des pyjamas blancs, et des tissus noirs par celle-ci, le poète femme, elle la poète, elle dont l’écriture s’ouvre pour une grande marche de poèmes.

extrait de la postface de Jean-Pierre Faye
*
couverture Isabelle Clement

Paru le 1er mai 2017

Éditeur : Henry

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.